PATIENCE
Que le ciel lui vienne en aidcl
Griffith et le Messager sortent.
Entre UN MESSAGER.
LE MESSAGER
Avec la permission de madame, —
CATBEBINE.
Tu es un impudent : ne dois-tu pas me témoigner plus de respect?
GRIFFITB, au messager.
Vous avez tort, sachant le soin qu'elle apporte i maintenir les marques extérieures de son ancienne grandeur, de vous présenter si cavalièrement devant elle. Allons, un genou en terre 1
LE UESSAGER.
Je supplie humblement votre majesté de me pardonner; ma précipitation m'a rendu impoli. Une personne, qui vient de la part du roi, demande à vous parler.
Fais-le entrer, Griffith. Quant à ce drôle, que je 00 le revoie plus.
Griffith et le Messager sortent.
GRIFFITH rentre avec CâPUCllS.
CATHERINE, continuant.
Si mes yeux ne me trompent pas, vous êtes l'ambassadeur de l'empereur, mon royal neveu, et votre nom est Capucius ?
CAPDCIBS.
Oui, madame, je suis Capucius, votre dévoué serviteur.
CATHERINE
0 seigneur, les temps et ma position sont bien jhangés depuis que vous ne m'avez vu : mais, je vous prie, que désirez-vous de moi ''.
CAPUCIUS
D'abord, je viens offrir mes services à votre majesté; ensuite, madame, je vous dirai que c'est par ordre du roi que je viens vous voir ; il est affligé de l'affaiblissement de votre santé; il vous envoie, par mon organe, la royale assurance de ses sentimens, et vous prie instamment de ne pas repousser toutes consolations.
CATHERINE
Seigneur, ces consolations viennent trop tard ; c'est la grâce qui arrive après l'exécution : cebaume bienfaisant, administré â temps, m'aurait guérie; mais maintenant, tout ce qu'on ferait pour moi serait impuissant, je n'ai plus besoin que de prières. Comment se porte sa majesté?
CAPUCIUS
Sa santé est bonne, madame.
CATHERINE
Qu'elle le soit toujours! qu'il vive florissant et prospère, lorsque j'habiterai avec les vers, et que mon triste nom sera oublié dans ce royaume ! — Patience, la lettre que je t'ai dictée, est-elle partie?