DENNY
Il attend les ordres de voire majesté.
LE ROI HENRI
Amëne-le>moi.
Dennt sort.
LOTELi, à part.
Il s'agit sans doute de l'affaire dont l'évêque m'a parlé : je suis venu ici fort à propos.
Rentre DEi^NY avec CRANMER.
Videz la galerie. (A Lovell qui fait mine de vouloir rester. ) Ah I — J'ai dit. — Partez.
LovELL et DENNVSOI-Wnf.
CRANUER, â pari.
Je tremble : pourquoi ce visage sombre? Tel est SUD aspect quand il est irrité. Quelque chose va mal.
MAGASIN THEATRAL ÉTRANGER
LE ROi BEMBI.
Eh bien! mïlord? Vous désirez savoir pour quel motif je vous ai envoyé chercher?
CRANMER, mettant im genou en terre.
C'est mou devoir d'être aux ordres de votre
majesté.
IB BOI HENRI
Relevez-vous, je vous prie, mon bon et gracieux lord de Canterbury. Venez, nous allons, vous et moi, faire un tour de promenade; j'ai des nouvelles à vous apprendre; venez, venez, donnezmoi votre main. Ahl mon cher lord, je vous parle avec douleur, et ce que j'ai à vous dire m'afflige sincèrement. J'ai récemment, et bien à contrecœur, entendu articuler contre vous, mylord, de nombreuses plaintes, de la nature la plus grave. Après les avoir examinées, j'ai décidé, de concert avec mon conseil, de vous taire, ce matin, comparaître devant nous. Pour vous laver d'une manière satisfaisante des charges sur lesquelles vous aurez à répondre , il est nécessaire qu'avant toute poursuite ultérieure, vous vous résigniez à faire de la Tour votre résidence. Nous sommes obligé de procéder ainsi envers un collègue*, sans quoi, aucun témoin n'oserait déposer contre vous.
CRANUKR.
Je remercie humblement votre majesté; et je me félicite de (celte occasion qui se présente de me vanner à fond, aHn de séparer mon bon grain de mon ivraie; car je sais que jamais homme ne fut plus en butte que moi, chétif, aux attaques de la calomnie.
tE ROI BEKRI.
Relève-toi, mon cher Canterbury. La conviction de ta loyauté et de ta sincérité est enraciné dans notre cœur, le cœur de ton ami : donne-moi ta main; relève-toi; promenons-nous, je te prie. Par Notre-Dame, quel homme es-tu donc ? Je m'attendais que tu m'allais demander de te mettre en présence de tes accusateurs et d'entendre ta justification, sans te faire subir un emprisonnement préalable.
CRiNUER.
Bîon redouté souverain, l'espoir sur lequel je me fonde, c'est ma loyauté et ma probité; si ces appuis me font défaut, je suis prêt à me joindre au triomphe de mes ennemis contre ma personne, dont je ne fais plus le moindre cas, si ces vertus lui manquent. Je ne redoute rien de ce qu'on peut avancer contre moi.
LE ROI HENRI
Ke sais-tu pas quelle est ta position dans le monde? Tes ennemis sont nombreux et puissans; leurs attaques doivent nécessairement être redoutables ; ce n'est pas toujours la justice et le bon droit qui triomphent. Combien n'cst-il pas facile à des cœurs corrompus do se procurer contre toi le témoignage de misérables tout aussi corrompus?
• Un membre du conseil Oont nous faisons farlic. (Note du traducteur.)
Ces choses-là se sont vues. L'hostilité de tes ad. versaires est puissante, et leur perversité ne l'est pas moins, l'.spère-lu donc, en fait de faux témoins, être mieux paitagé que le divin maître dont tu es le ministre, alors qu'il vivait sur cette terre coupable? Va, va, tu prends un précipice pour un passage qu'on peut frnnchir sans danger, et tu cours à ta perte.