‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 349 sur 633 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Le palais.

0» voil i'ayaneer des trompettes jouant une fanfare ; puis oEvyi Aldeumen, lk Loud Mairr, LA JARRETIÈUE, CRANMEU, LE DL'C DE KOK- FOLK, auec son bàian de viamdial, LE DUC DE SLFl'OLK, BECX LoBDS portant deux grands calices pour les prisons du bnplénie; puis quatre LoKDS portant un dais sous lequel s'avance LA DUCHESSE DE NORFOLK, marraine, ponant l'enfant enveloppé dans un riche manteau; dke Dame porte la queue de sa robe ; puis viennent LA MARQUISE DE DORSET, l'autre marraine, et PLUSIEURS Dames. Le cortège défile sur la scène ; puis la Jarretière prononce d'une voix solennelle ces paroles:

LA JABBETIERE.

Ciel, dans ta bonté infinie, accorde une vie prospère, longue et fortunée à la haute et puissante princesse d'Angleterre, Élisabelh '.

Fanfare. Entrent LE ROI el sa Soite.

CRANMEB, mettant un genou en terre.

Mes nobles commères et moi, voici la prière que nous adressons au ciel pour votre majesté, et notre bonne reine : — tout le bonheur, toute la félicité que le ciel tient en réserve pour les païens qu'il aime, puissiez-vous les trouver chaque jour dans cette charraanie enfant 1

LE KOI HENRI.

Je vous rends grâces, mon cher lord archevêque. Quel est son nom î

CRANHER.

Elisabeth.

lE ROI HENRI.

Relevez-vous, mylord. {/i embrasse l'enfant.) Avec ce baiser, reçois ma bénédiction. Que Dieu te protège I c'est dans ses mains que je remets ta vie.

CRANUER.

Ainsi soit-il.

LE ROI HENRI, aux deux marraines.

Mes nobles commères, vous avez été trop libérales: je vous remercie cordialement ; cette jeune fille fera de même , quand elle saura assez d'anglais pour cela.

CKANUER.

Permettez-moi de parler, sire; car le ciel me l'oujonnc ; dans les paroles que je vais prononcer, que nul ne voie de la tlaucrie; l'cvéueuieut doit les conlirmer. Cette royale eul'aut, — que le ciel

• Ce sont les paroles textuelles prûnuncecs au Laptczno d'£lùabeth'. (Hoir du IraJucirw.)

MAGASIN THEATRAL ETRANGER

veille toujours sur elle, — • bien qu'elle soitenco!^ au berceau, promet à ce pays mille et mille béj dictions que le temps doit mûrir. Elle sera, mais parmi ceux qui vivent aujourd'hui, il en peu qui verront briller ses venus, — elle sera modèle de tous les princes de son temps, et tous ceux qui leur succéderont. La reine de Si ne fut jamais plus avide de sagesse et de verti que ne le sera cotte ame pure. Toutes les grâi souveraines que le ciel départit aux {grands roish avec toutes les venus qui sont l'apanage des boiJS princes, seront doublées dans sa personne. La vérité relèvera dansson giron ; les saintes et cëlesttt pensées nourriront son esprit: les siens la bén^ font. Ses ennemis trembleront comme des é^ battus, et pencheront leur téie attristée. Le bit4 va grandir avec elle : durant son règne, chacan mangera en sûreté, sous sa vigne, les fruits quil aura plantés, et chantera à ses voisins des caih> tiques de paix : Dieu sera connu et adoré comow il veut l'être; ceux qui vivront auprès d'elle, aflL prendront d'elle à marcher avec perfection daitt les voies de l'honneur; et c'est là et non dafi la naissance qu'ils placeront leur grandedl Cette paix ne finira pas avec elle; lorsqÀ l'oiseau merveilleux , le phénix vierge , vie! à mourir, il en reoait un autre de ses cendr aussi admirable que le premier; de même, quai ie ciel la rappellera de ce séjour de ténèbre elle transmettra ses dons et ses vertus à un sn cesseur qui, des cendres sacrées de sa gloin s'élèvera tel qu'un astre brillant , héritera de al gloire, et la conservera. La paix, l'abondanci^ l'amour, la vérité, la terreur, qui étaient les mî! nistres de cette enfant chérie, seront aussi 1^ siens, et s'attacheront à lui comme la vigne I l'ormeau. Partout où brillera l'astre éclatant iW ciel, sa gloire et la renommée de son nom se ffet ront jour et fonderont des nations nouvelles :§ fleurira, et pareil au cèdre des montagnes, étendra ses vastes rameaux sur toutes les plaii d'alentour. Les en fans de nos enfans verront ti celd, et béniront le ciel.

LE noi nENRi.

Vous nous annoncez des prodiges.

Page 1