‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 357 sur 633 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Mt-mc ville. —Un appartement dans la maison d'un sénateur.

Enire 13N SÉNATEUR, des papiers à la main.

LE SÉMATEnn.

Cinq mille qu'il a dernièrement empruntées à Varron -, il en doit neuf mille à Isidore; outre les sommes que je lui ai déjà prêtées, ce qui forme un total de vingt-cinq mille. Et sa rage de dépense cnntinueîCelane saurait durer; c'est impossible. Si j'ai besoin d'or, je u'ai qu'à voler le chien d'un pauvre et le donner à Timon; ce chien va pour moi battre monnaie. Si je veux vendre mon cheval et en acheter vingt autres meilleurs, je n'ai qu'à donner mon cheval à Timon, sans lui rien demander, et aussitôt il va me produire vingt chevaux superbes. Il n'y a point de portier à sa porte ; il y a un homme qui sourit et invite à entrer tous ceux qui passent. Cela ne peut durer. Nul homme raisonnable ne peut croire à la solidité de sa fortune. — CaphisI holà ! Caphis I

Entre CAPUIS.

CAPBIS.

Me voici, seigneur; qu'avc2-vous à m'ordunner ?

LE EÉNATECB.

Prends ton manteau et cours chez le seignen Timon ; redemande-lui mon argent avec instances} ne te laisse pas rebuter par un refus sans consé^ quence; ne souffre pas qu'on te ferme la bouche par un: «Présente mes complimens à ton maître,» ou en portant la main droite à son bonnet, comm cela : mais dis-lui, morbleu, que j'ai des besoin pressans ; je veux me servir de ce qui m'appai lient; les délais que je lui avais accordes son passés, et pour m'étre fié à ses échéances, j'a fortement endommage mon crédit. Je l'aime ci j l'honore, mais je ne suis pas tenu à me rompre le| reins pour guérir son petit doigt. Mes nécessiléa sont immédiates; je ne veux plus me pajcr dl paroles ; il me faut de l'argent sur-le-champ. Par^ prends-moi une mine pressante; un vrai visag de créancier. Je crains bien ique le seigneur ' mon, qui maintenant brille comme un phénix, i soit bientôt laissé nu comme le geai de la fab^ quand chacun aura repris la plume qui lui app tient. Allons, pars.

CAPHIS.

J'y vais, seigneur.

LE SÉNATEUR

J'y vais, seigneur ? et les billets? prendsavec loi, et tiens compte des dates.

CAFBIS.

Oui, seigneur.

TIMON D'ATHÈNES

LE SENATEUK,

Ils sortent.

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