PREMIER ÉTRANGER
Voilà comme est fait le monde; voilà comme sont tous les flatteurs. Qui peut donner le nom d'ami à l'homme qui puise au même plat que lui ? 11 est à ma connaissance que Timon a servi Je père .à ce seigneur, qu'il a étayé son crédit de sa bourse, qu'il l'a aidé à soutenir son rang; il n'est pas jusqu'aux gages de ses gens qui n'aient été payés avec les finances de Timon. Il ne boit jamais <iue ses lèvres nepresseni l'argent de Timon; et cependant, — oh ! voyez quel monstre fait riioiiiine, quand il se montre sous les traits de l'ingrat! — Il lui refuse maintenant une somme qui, vu l'état de sa fortune, n'est pas plus pour lui que ne serait pour un autre une aumOne faite .1 un mendiant.
TROISIÈME ETRAMCER.
La religion s'en indigne.
rREMIF.R ÉTRANGER.
Pour ma part, je n'ai jamais rien reçu de Timon; jamais ses dons ne sont venus me chercher, et m'iiiscrire au nombre de ses amis; toutefois, je le dcclaie, uu cvusiduiation de la noblesse
TIMON D'ATHENES
ton rarnrl(;ip, de ses vertus notoires, de sa conduite honorable, si, dans ses besoins, il s'était adressé à moi, j'aurais considéré ma for'une comme me venant de lui, et je lui en aiuals rendu la plus forte moitié, tant j'aime sa nature bonne et bienveillante ; mais, je le vois, il faut icibas apprendre à se passer d'humanité; car l'intérêt provaut sur la conscience.
Ils sortent.