‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 505 sur 633 · SCENE YIII · texte numérisé non relu

SCENE YIII

Uaepiaiue près d'Âctium.

Arrivent CÉSAR, TAURUS, eiPiDsiEURs Officiers et Soldats.

Taurus, —

TADRDS.

Seigneur.

CÉSAR

Évite tout engagement sur terre; maintiens ton armée intacte : ne présente pas le combat avant que nous ayons terminé sur mer. Conforme-toi de point en point aux ordres que contient cet écrit : ce moment va décider de notre fortune.

Its s'éloigoeat.

Arrivent ANTOINE et ÉNOBARBUS.

AHTOIIIE.

Plaçons nos escadrons du côté de la montagne, en face de l'armée de César ; de ce point nous pourrons découvrir le nombre de ses vaisseaux et agir en conséquence.

Ou voitLletîler, d'ua côte, Canidids \ la tête de ses légions;

de l'autre, TaDKUS, lieutenant de César, à la tête des

siennes ; des i|u'ils 6c sont e'ioignés, on entend le bruit

d'un combat naval.

Le bruit continue. Revient ÉNOBARBUS.

ÉMOBAttBDS.

C'en est fait, tout est perdu ! je ne puis en voir davantage : le vaisseau amiral de la flotte Égyp-

tienne, l'Antoniade *, suivi de ses soixante voiles» vire de bord et prend la fuite : ce spectacle a fait sur mes yeux l'eCTet de la foudre.

Arrive SCARUS.

SCARUS

A nous dieux, et déesses , et tout le conseil de l'Olympe I

ÊKOBABBDt.

Pourquoi ce transport?

SCARUS

Le plus beau tiers du monde est perdu par la plus déplorable ignorance : nous venons de dire adieu de gaité de cœur k des rojaumes et i des provinces.

ÉnOBARBUS.

Quelle est la situation actuelle du combat î

SCARtS.

De notre côté, c'est comme si la peste promenait sa faux contagieuse, et la mort est inévitable. Cette infâme prostituée d'Egypte, — que la lèpre l'étouffel — Au beau milieu du combat, quand nos deux fortunes, telles que deux sœurs jumelles, étaient de tout point semblables, si même la nôtre n'avait l'avantage, — Cléopâtre, — qu'elle soit à jamais mauditel — je ne sais quel taon est venu la piquer ; mais telle qu'une génisse au mois de juin, déployant toutes ses voiles, elle s'est mise à fuir.

ÉnOBARBUS.

J'en ai été témoin ; ce spectacle m'a fait mal, et je n'ai pu en soutenir plus long-temps la vue.

SCARUS

A peine a-t-elle viré de bord, qu'Antoine, l'illustre victime de son magique pouvoir, a déployé les ailesde ses vaisseaux, et, abandonnant lecombat au plus fort de l'action, tel qu'un insensé, il s'est mis A voler après elle; je n'ai jamais rien vu de si honteux; jamais l'expérience, la bravoure, l'honneur, ne se sont aussi indignement trahis.

ÊNOBARBCS.

Sélasl hélas!

Arrive CAMIDIUS.

CAKIDIM.

Notre fortune sur mer est épuisée et coule i fond de la manière la plus lamentable; si notre général s'était montré ce qu'il était jadis, tout aurait bien été. Ohl il nous a donné honteusement l'exemple de la fuite.

ÉNOBARBUS, à part.

Ah ! les choses en sont i ce point I en ce cas, bonsoir.

* T^a galère capîtane que montait CUopatre, s'appalait l'Antoniade. (Noie du traducteur.)

ANTOINE ET CLEO PATRE

CAMIDItS.

Ils ont pris dans leur fuite la route du Péloponnèse.

SCAEUS.

Nous pouvons facilemenlnous y rendre, et j'irai attendre là l'événemenl.

CIKIOIUS.

Je vais faire ma soumission à César, avec mes légions et ma cavalerie; déjà six rois m'ont montré l'exemple.

ËMOBAIVBDS.

Je continuerai à suivre la fortune chancelante d'Antoine, quoique ma raison me conseille le contraire.

Ils s'éloignent.

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