HÉCATE
N'ai-jepas raison de l'être, mégères insolentes? Quoi ! vous avez osé lier avec Macbeth un commerce d'oracles et d'affaires de mort? Et moi, la dispensatrice de vos sortilèges, l'ardente promotrice de tout mal, vous ne m'avez seulement pas appelée à y prendre part et à déployer la puissance de votre art? Et ce qui est pis encore, tout ce que vous avez fait l'a été pour un mortel capricieux, emporté et ingrat, qui comme tant d'autres, vous aime, non pour vous, mais pour lui et dans son seul intérêt. Mais réparez maintenant vos torts : parlez, et demain malin venez me re-
AJACBETH.
joindre au trou de l'AcliÉron; il ili.i( s'y rendre pour vous interroger sur sa destinée; préparez vos vases, vos sortilèges, vos charmes et tout votre appareil. Moi, je remonte dans les airs, et je vais employer cette nuit à une œuvre terrible et fatale. De grandes choses seront accomplies avant l'heure de raidi. Al'angleducroissantde la lune pend une mystérieuse vapeur; je m'en emparerai avant qu'elle soit descendue à terre; distillée par des procédés magiques, je l'emploierai à évoquer des visions fantastiques qui, par la force de leurs illusions, entraîneront Macbeth â sa ruine. 11 bravera les destins, méprisera la mort, et portera ses espérances par-delà les limites de la sagesse, de la tertu et de la crainte: et vous savez toutes qu'une aveugle confiance est la plus grande ennemie des mortels.
On enltntl des -voix lointaines qui chantent : Venez, venez, venez à nous, etc.
BÉCATE, continuant.
Écoutez! on m'appelle: mon petit Farfadet m'attend, assis sur un brouillard.
Elle l'cloigne.
PREUIÉRE SORCIÈRE.
Allons, dépéchous-nous; elle sera bientôt de retour
EUes s'éloignent.