‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 576 sur 633 · P0I.0N1US · texte numérisé non relu

P0I.0N1US

Sailli, messieurs !

DAMLET

Écimtez, Gurldenstein. — (A Rosencrayitz.) Et vous pareillement, — à buu entendeur demi-mot: ce grand enfant que vous voyez ici n'a pas encure ([uitté ses langes.

R0SËI4CBANTZ.

Peut-être les a-t-il repris; on dit que la vieillesse est une seconde enfance.

UAULET.

Je gage qu'il vient me parler des acteurs; vous allez voir. — Vous avez raison, monsieur: c'était effectivement lundi matin.

POLONIUS

Monseigneur, j'ai une nouvelle à vous apprendre.

Monseigneur, j'ai une nouvelle à vous apprendre.

Du temps que Roscius à Rome était acteur, — rOLONIDS.

Les acteurs viennent d'arriver ici, monseigneur.

HAULET.

Bah t bah I

POLONIUS

Sur mon honneur, —

HAMLET

Ch

ique

POLONIDS.

Ce sont les meilleurs acteurs du monde pour la traoédie, la comédie, le drame historique, la pastorale, la pastorale comique, la pastorale historique, la tragédie historique, la pastorale iragicocomico-historique, avec ou sans unité de lieu et d'action. Pour eux Sénèque ne saurait être trop triste, ni Plaute trop gai. Pour le style et la facilité d'expression, ils n'ont pas leurs pareils.

BAHLET.

Cl 0 Jephté, juge en Israël, » quel trésor tu avais!

Quel trésor avait-il, monseigneur?

HAULET.

Mais, —

Une fille unique et charmante Que de tout son c<t^ur il aimait.

POLONIUS, â part.

Encore ma fille I

BAHLET.

N'ai-je pas raison, vieux Jephté 7

POLONIUS

Si VOUS m'appelez Jephté, monseigneur, c'est sans doute parce que j'ai une fille que j'aime de tout mou cœur.

UAMLET

Cela ne s'ensuit pas.

POLONIUS

Qu'est-ce donc qui s'ensuit?

UAMLET. 1

Le voici. :

„ D.eusa.tquepar ., Uq grand liasa ni. ..

Vous connaissez la suite.

Il arriva donc, comme II devait arriver.

.le vous renvoie pour le reste à la première partie de la complainte"; car voici qui me force d'abréger.

Emrcni trois on nuairc COMÉDIENS.

HAMLET, continuant.

Vous êtes les bien venus, messieurs, tous les bien venus. — Je suis charmé de te voir en bonne ganté. — Soyez les bien venus, mes bons amis. — O mon vieil ami, comme ton menton s'est ombragé depuis que je ne t'ai vu! Voudrais-tu en Danemarck me donner de l'ombrage?— Ah! vous voiln, ma jeune demoiselle! Par Notre-Dame, depuis qur je ne vous ai vue, vous vous êtes rapprochée du ciel, de la hauteur d'une galoche : fasse le ciel que votre Yoix, semblable à une monnaie de mauvais aloi, ne soit pas trop altérée pour avoir cours •*. — Messieurs, vous êtes tous les bien venus ; allons droit au fait comme les fauconniers français, qui donnent la chasse à la première proie venue : voyons, montrez-nous un échantillon de votre savoir-faire; allons, une tirade bien pathétique.

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