‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 599 sur 633 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Une salle d'apparat dans le palais du roi Lear. Entrenl KENT, GLOSTER eï EDMOND.

Je pensais que le roi portait plus d'alTeclion au duc d'Albanie qu'au duc de Cornouailles.

C'est ce que nous avions toujours cru ; mais

aujourd'liui, dans le partage de son royaume, il serait difficile de dire celui pour lequel il a U ptus d'estime; car les parts ^ont tellement égales que l'examen le plus attentif ne pourrait trouver <jans l'une ni dans l'autre un luoiif de préférence.

KENT

N'est-ce pas là votre lils, seigneur?

GLOSTEIl.

C'est à mes frais qu'il a été élevé, et j'ai tant Je fois rougi de le reconnaitre , que maintenant j'y >ui? fait, et n'eu mugis plus,

MAGASIN THEATRAI. ETRANGER.

KRNT.

Je ne conçois pas.

GLUSTBR.

Seigneur, la mère de ce jeune homme a pu le concevoir; il en est résulié pour sa taille une certaine rotondité; le fait est qu'elle a eu un fils dans son berceau, avant d'avoir un époux dans son lit. Comprenez-vous la faute?

KENT

Il serait liclieux que celte faute n'eijt pas eu lieu, puisqu'elle a produit un si beau résultat.

GLOSTEB.

J'ai aussi un fils légitime; il a un an à peu près de plus que celui-ci ; mais il ne m'est pas plus cher. Quoique ce drôle ail eu le lort de venir au momie sans qu'on l'appelât, cependant sa mère était bitlli! ; c'est avec bonheur qu'il a été procréé, et il faut bien reconnaître le mauvais garnement. — Edmond, connais-tu ce seigneur?

EDMOND

Non, monseigneur.

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