‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 66 sur 633 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Easl-Clieap'. — Une salle dans la taverne, à l'enseigne de la Trie de sanglier.

Entrent LE PRINCE HENRI et POINS

LE Pr.lNCE BENRI.

Edouard , je t'en prie, quittons cette vilaine chambre , et viens m'aider à rire un peu.

POlNS.

Où avez-vous été, Henri?

LE PRINCE HENRI

Avec trois ou quatre lourdauds au milieu de soixante-dix à qualie- vingts tonneaux. J'ai touché la dernière corde de la vulgarité. Me voilà de compère à comp:igniiii avec deux ou trois garçons de cave ; et je puis les appeler tous par leurs noms de baplcmc, comme Thomas, Richard, François. Ils jurent déjà sur le salut de 'eurame,

• C'est le nom d'un quartier île Londres (Note du traducteur.)

MAGASIN THEATRAL ETRANGER

que, bien que je ne sois encore que prince de Galles, je suis le roi de hi c.urloiMe; ils me diseut sa.. s Mçon que je nesuis pas lin orgueilleux imbécile comme Falst.ff, ".ais un Corinthien", un bon drille, un bon enlanl, - par le ciel, c'est ainsi qu'ils m'appellent,- et ils prétendent que lorsque je serai roi .l'Angleterre, j'aurai tous les bons enfans d'ta-t-Cheap à mes ordres. Ils appellent boire largement, teindre en ica<-lau;el quand vous reprenez haleine en buvant, ils cnent lium, et vous ordonnent de .:ontinuer. Pour conclure, j'ai fait tant de progrès en une heure, que je suis en état, pour 1^ reste de ma vie, de tenir.en buvant, convers;.tion suivie avec le premier chaudronnier venu, dans son propre jargon. Je te le dis. Edouard, lu as beaucoup perdu de ne pas élre avec moi dans cette remontre-la Mais, mon cher Edouard, pour le consoler, je te fais cadeau de ce cornei de sucre, que ma mis lout-à l'heure dans la main un suus-ga.çon qui n'a jamais su dire autre chose que : « Huit s. hcllings six pences. » ou bien : .. Vous otes le bi.n venu; » en ajoutant dune voix perçante : « On y va, monsieur, on y va. Seive. une p.ute de vm doux dans la dcm.-lune.» Mais, Edouard, pour tuer le temps jusqu'à ce que Falsiaff vienne, passe, je te prie, dans la p^éce voisine, pendant que je ferai quelques questions à mon benêt de garçon, pour savoir â quel d.ssein il m'a donné ce sucre. Pendant qu il me parl.-ia, ne cesse pas d'à p.l.^1 frunçois, al.., q.ie sa conversation avec m.,i >..ii un on y va perp.'tuel. Passe de l'autre côic, ei je vais le donner une scène curieuse.

POINS

François !

LE PRINCE HENIil.

C'est parfait.

POlNS.

François!

PoiNS sort.

Entre FRA^ÇOIS.

FRANÇOIS

On y va , monsieur , on y va. — ( .4 'a c«)i/onad<: Ralph, regarde |<ar la trappe dans la cham- , bre grenat". i

LE PlllNCE UENia.

Écoute, François.

FlUNÇOIS.

Mylord.

LE PKINCE nENBl.

Combien de temps as-iu encore â servir, François î

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