‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 67 sur 633 · FR*^Ç0IS · texte numérisé non relu

FR*^Ç0IS

Cinq ans, de manière que, —

poiNS, de lu pièce voisine.

François !

• T«rme d'argot signiliant m.uva.s .uj 1. (JV»(. «,W,„-

''""'c-'Jsl-'a-dirc couleur grcnul. Beaucoup d» cl..n>bre. , . . n..i.|..«<iucUes on voyait Jans 11 'ham-

avaient des trappes pai lesquelles on vuj br» au-dessous. (Ao'f ''" tr'i'linlenr.)

FRANÇOIS

On y va, monsieur, on y va.

LE PnlNCE BENP.l.

Cinq ans! par Notre-Dame, c'est un long bail pour faire résonner l'élain. Mais, François, serais-tu assez vaillant pour reculer devant ton engagement, lui montrer les talons, et t'en fuir?

FRANÇOIS

Oh! mylord, je jurerais sur toutes les Dlbl.'s d'Angleterre que j'aurais la résolution néce»^:.ue

pour — (

POINS. I

François! j

FRANÇOIS

On y va, monsieur, on y va.

LE PRINCE HENRI

Quel .ige as-tu, François ?

FRANÇOIS

Attendez un peu... A la Saint-Michel, j'aurai —

François!

FRANÇOIS

On y va, monsieur, — veuillez m'atlendre un moment, mylord.

LE PRINCE UËNI.I

.Mais ccoule-moi donc, François , poni le sucre que tu m'as donné, — il y en avail pour un sou, n'est-ce pas ?

FRANÇOIS

Oh 1 mylord, je voudrais qu'il yen eùteu pour deux.

LE PKINCE UENKI.

Je te donnerai en retour mille livres sterling. Demande-moi- les quaud tu voudras, et lu les auras.

POINS

François !

FRANÇOIS

Tout-à- l'heure, lout-à-l'heure.

LE I-RINCE UENRI.

Tout-à-1'lieure, François; non , François; mais demain, François, ou mardi, François; culiu , François, ce sera quand tu voudras; mais, François, —

FRANÇOIS

Mylord?

Serais-tu homme à voler ce drôle * à jaquette de cuir, boulons de cristal , léte tondue, bague d'agaibc au doigt, bas couleur de lie de vin, jarretières de laine, v..ix doucereuse, pau.se espagnole !*

lUASÇ.US.

Ue.|ui vouler.-vous parler, mylord?

LE l'Rl^CK HKNHI.

Allons, je VOIS bien que tu ne bois que du vin doux. Vois-lu, François, ton pourpoint de toile blanche se salira; en Barbarie, mon cher, cela ne saniait revenir à tant.

FRANÇOIS

(Jue voulez-vous dire, mylordî • U- piiiic.lm .lcin..mle s'il c.nseDti volfi son miitl» (.y-flc du Iratlmlnii)

HENRI rV.

POIHS.

François !

LE PRINCE HERBI.

Mais va donc, bélitre... ne vois-tn pas qu'on l'appelle î

Ed ce moment ils l'appellent tous deux \ la fols. Le garçûn reste immohile et interdit y ne sachant de qoel côte

aUe;

Entre LE CABARETIER.

LE CABABETIER.

Comment I tu restes là sans bouger pendant qu'on t'appelle de la sorte? va voir ce que l'on demande 7

Frahçois JOrI*.

LE CABIRETIER, Continuant.

Hylord, le vieux sir Jobo et une demi-douzaine d'autres sont à la porte. Les ferai- je entrer T

LE PRINCE BEHRI.

Faites-les attendre un moment, puis vous leur ouvrirez.

Le Càbaeetib& «orr.

LE PRixcE HENRI, appelant.

Poinst

Rentre POINS.

POINS

On y va, mylord, on y va.

LE PRIHCE BENRI.

Dis donc, Falstaff et le reste de sa bande sont à la porte Faut-il que nous nous amusions?

POINS

Soyons gais iumme des grillons, mylord. Mais, dites-moi, quel fiaii le but de cette plaisanterie avec le garçon de cave? quel en a été le résultat?

LE PRINCE BBKRI.

Je suis en ce moment en humeur de me Uvrer à toutes les fantaisies joyeuses qui ont passé par la léte des humains depuis les vieux jours du bonhomme Adam jusqu'à l'heure prcsente de mi-

iit.

Rentre FRANÇOIS apportant du vin.

LE PRINCE, continuant.

Quelle heure est-il, François ?

FRANÇOIS

On y va, mylord, on y va.

LE PRINCE HENRI

Se peut-il que ce drôle ait moins de paroles à son service qu'un perroquet, et qu'il soit cependant le fils d'une femme 7 toute sa besogne consiste à monter un escalier et à le descendre ; la carte a payer fait toute son éloquence. — [Reprenant le cours de ses idées.) Je ne suis pas encore de l'humeur de Percy, l'Hotspur du nord; lui qui

Cette scène n'est, par le fait, qu'une parade ; le prince cberche \ dérouter ce pauvre diaLle par des paroles qui n'ont point de sens, {Note du traducteur.)

tne à son déjenner six ou sept douzaines d'Écossais, se lave les mains et dit à sa femme : « Fi de cette vieoisivel j'ai besoin d'occupatioQ.» — «Oh ! mon cher Henri, » dit-elle, acombleo eo as-tu tué aujourd'hui 7» — «Qu'on donne à boire à mon cheval bai, » dit-il; puis il répond : « Une quinzaine,» et il ajoute une heure après: «Ce n'est qu'une bagatelle. » Fais entrer Falstaff, je te prie; je ferai Percy, et ce moricaud maudit fera dame Mortimer sa femme. Rivo ', disent les ivrognes. Qu'on fasse entrer cette bedaine I qu'on fasse entrer ce pain de suif I

Entrent FALSTAFF, GADSHILL, BARDOLPHE ef PETO.

POINS

Bonjour, Jack. D'où viens-tu comme celaT

FALSTAFP.

Maudits soient les poltrons ! je voudrais les voir pendre tous. Ainsi soit-i( I — Donne— moi une coupe de vin, garçon. Plutôt que de continuer à mener cette vie-là, je coudrai des bas, je les raccommoderai, je les ravauderai même Maudits soient tous les poltrons I — Donne-moi une coupe de vin, drôle. — N'y a-t-il plus de vertu sur la terre ?

Il boit.

LE PRINCE HENRI

N'as-tu jamais vu Titan caresser de ses rayons une motte de beurre, le sensible Titan fniidanl en larmes au récit de la tragique aventure de son Bis"? si lu l'as vu, [montrant F alsittff) regardemoi ce morceau-la !

FALSTAFF

Coquin I il y a de la chaux dans ce vin-là. Il n'y a que coquinerie dans ce monde per\ers; pourtant un poltruu est pire qu'une coupe de vin dans lequel on a mis de la chaux; un infâme poltron I Va toujours, mon vieux Ja< k, meurs quand tu voudras ; si alors le courage, le vcrit.ible courage n'est pas dispaiu de la face de la terre, je suis un hareng saur. Il n'y a pas eu Angleteire trois hommes de bien qui ne soient p.is pendus, et l'un d'eux est gros et se fait vieux. Dieu nous soit en aide! c'est un pitoyable monde que celui-ci. — Je voudrais être tisseï and, je chanterais de^ psaumes, ou toute autre chose. Je le répète, maudits soient tous les poltrons I

LE PRINCE HENRI

Eh bien, sac de laine, que marmottes-tu la entre tes dénis?

FALSTAFF

Toi, le bis d'un roil si je ne t'expulse pas 'le ton royaume avec une épée de buis, si je ne cha»»e pas tous tes sujets devant toi, cumme un troupeuu d'oies sauvages, je \eux u'avuir plus un poil de barbe au meuiuu. Toi, prince de Galles 1

* Terme dexullation dans l'argol de la niauvaite compagnie de l'époque. {Note du traducteur.) " Phaélon. (Note du traducteur.)

iMAGASIN THEATRAL ETRANGER.

LE PRIMCE BENM.

Fils de catin, grosse boule, de quoi s'agit-il T

FALSTAFF

N'es-tu pas un lâche? réponds-moi à cela, et Poins aussi que voilà.

POINS

Par la sangbleu, grosse bedaine, si tu m'appelles l&che, je te poignarde.

Moi, t'appeler lâche 1 je te verrai damner avant que je t'appelle lâche; mais je donnerais mille livres sterling pour courir aussi vite que toi. Mes enfans, vous avez les épaules bien faites, vous n'avez pas peur de montrer votre dos ; est-ce que vous appelez cela soutenir vos amis? Joli soutien, ma foi! j'aime les gens qui me font face. — Donnez-moi une coupe de vin; je suis un drôle si j'ai bu aujourd'hui.

LE PRINCE HENRI

Malheureux! tes lèvres sont encore humides de la dernière rasade que tu as avalée.

FALSTAFF

N'importe, je le répète, maudits soient tous les poltrons !

libuit.

LE PRINCE HENRI

De quoi s'agit-ilî

FALSTAFF

De quoi il s'agit? nous sommes ici quatre qui avons pris ce malin mille livres sterling.

LE PRINCE HENRI

Où est cet argent, Jack? où est-il?

FALSTAFF

Où il est? on nous l'a repris. Nous étions quatre contre cent.

LE PRINCE HENRI

Comment, cent?

Je veux être pendu si je n'ai pas ferraillé avec une douzaine deux heures entières. J'ai échappé par miracle. J'ai reçu huit coups de pointe dans mon pourpoint, quatre dans mes chausses; mon bouclier est percé de part eu part; mon épée est cbiechée comme unescie: cccesignum' .{Il montre ■10)1 épée.) Je ne me suis jamais mieux conduit depuis que je suis homme; lout a été inutile. Maudits soient tous les poltrons! {Montraiil ses catiiarudes.) Qu'ils parlent, eux : s'ils disent plus ou moins que la vérité, ce sont des scélérats, des enfans de ténèbres

LE PRINCE HENRI

Parlez, messieurs, comment les choses se sontelles passées?

GADSBILL.

Nous quatre, nous sommes tombés sur une douzaine à peu près, —

FALSTAFF

Seize au moins, mylord.

GADSOILL.

Et nous les avons garrottés.

• lin voici la preuve, (yole du Inidiiclciir.)

Non, non, ils n'ont pas été garrottés.

FALSTAFF

Maraud, ils ont tous été garrottés jusqu'au dernier, ou je ne suis qu'un juif, un juif hébreu

GADSBILL.

Pendant que nous étions à partager, six ou sept nouveaux venus nous sont tombés sur le corps.

FALSTAFF

Et ils ont détaché les premiers; puis il eu e?t arrivé d'autres.

LE PRINCE HENRI

Comment, est-ce que vous vous êtes battus contre tous?

FALSTAFF

Tous! je ne sais pas ce que tu appelles tous, mais si je ne me suis pas battu contre une cinquantaine, je ne suis qu'uue botte de radis; s'ils n'étaient cinquante-deuxou cinquante-trois conire le pauvre vieux Jack, je ne suis pas une créature à deux pieds,

POINS

Dieu veuille que vous n'en ayez pas tué quelques-uns.

FALSTAFF

Ma foi, c'est un souhait qui vient trop tard, car j'en ai poivré deux; je suis sur qu'il y en a deux à qui j'ai donné leur affaire, deux drôles vêtus de bougran*. Écoule, Henri; — si je te mens, crache-moi au visage, appelle-moi cheval. Tu connais ma parade. (// tire son t'pi'e et joint à ses paroles la démonstration. ) — j'étais dans cette position; je icnais mon épée comme cela. Quatre coquins en bougran viennent sur moi ;

LE PRINCE UENRI.

Comment, quatre! lu n'en complais que deux tout-à-l'heure.

Quatre, Henri; je t'ai dit quatre.

POINS

Oui, oui, il a dit quatre.

FALSTAFF

Ces quatre individus se sont avancés de front, et m'onl attaqué tous à la fuis. Je ne fis ni une ni deux; je reçus sur mon bouclier la pointe de leurs sept lances comme cela, —

LE PRINCE HENRI

Sept? Ils n'étaient que quatre tout-à-l'heure.

FALSTAFF

En bougran.

POINS

Oui, quatre velus de bougran.

FALSTAFF

Sept, par la garde de mon épée, ou je ne suis qu'un scéUrat.

LE PRINCE HENRI, à PoiUS.

Laisse-le faire, je te prie; tout-à-l'hcure le nombre augmentera encore.

FALSTAFF

M'cnlends-tu, Henri?

Sent,-

(Noie lin Imilutleiir.)

LE PRINCE BEHRI.

Oui, et je t'écoule, Jack.

FilSTAFF.

Tu fais bien; car la chose en vaut la peine. Les neuf individus en bougran dont je viens de te parler, —

LE PRINCE HENRI

Fort bien; en voilà déjà deux de plus.

FALSTAFF

Leurs épées s'étant brisées, —

POINS

Les morceaux en tombèrent à terre.

FALSTAFF

Commencèrent à reculer : mais je les suivis de près, je leur serrai le bouton, et en un tour de main, j'en expédiai sept sur onze.

LE PRINCE HENRI

0 prodige ! de deux hommes en bougran il en est sorti onze.

FALSTAFF

Mais, comme si le diable s'en fût mêlé , trois audits drôles, en vert de Kendal*, sont venus me prendre par derrière, et fondre sur moi; — car la nuit était si sombre, Henri, que tu n'aurais pu voir ta main.

LE PRINCE HENRI

Ces mensonges ressemblent à celui qui les débite; ils sont gros comme des montagnes, monstrueux, palpables, s'il en fut jamais. Quoi 1 lourde bedaine, tête stupide , obscène maraud , pain de suif en fusion, —

FALSTAFF

Comment donc! est-ce que tu es fouî est-ce ^ue la vérité n'est pas la vérité?

LE PRINCE HENRI

Comment as-tu pu voir que ces hommes étaient babilles en vert de Kendal, s'il faisait tellemest noir, que tu ne pouvais distinguer ta main ? Allons, dis-nous tes raisons. Qu'as-tu à répondre à cela?

POINS

Allons, tes raisons, Jack, tes raisons.

FALSTAFF

Eh quoi, par contrainte? Non; dût-on m'infliger l'estrapade et toutes les tortures imaginables, je ne m'expliquerai pas par contrainte. Vous donner mes raisons par contrainte? Quand ces raisons seraient aussi communes queles mûres, je n'en donnerais par contrainte à qui que ce soit au monde.

LE PRINCE HENRI

Je ne veux pas plus long-temps sanctionner ses mensonges par mon silence: ce déterminé poltron, cet efl'ondreur de lits, cet éreinteur de chevaux, celte énorme montagne de chair, —

Arrière, meurt-de-faim, peau de nain, langue de veau séchée.nerf de bœuf, stock-fiche! — Ohl que n'ai-je assez d'haleine pour énumérer tous les objets auxquels on peut te comparer I — Demiaune de tailleur, fourreau vide, carquois, longue îamel

KeDdal est une villp située dans le Weslmorland, et célèbre pour la fabrication et la teinture de ses draps. (ATofe du Iraduririir.)

LE PRIHCE HENRI.

Reprends baleine, et continue; quand tu aurai vidé ton sac de comparaisons injurieuses, écoute ce que j'ai à te dire.

POINS

Écoute, Jack I

LE PRINCE BF.NRI

Nous deux nous vous avons vus à vous quatre attaquer quatre individus. Vousies avezg.-irrotlés, et vous êtes approprié ce qu'ils possédaient. Or, remarque bien comme d'une seule parole je vais vous confondre tous. Alors, nous deux que voilà, nous sommes tombés sur vous quatre, et en un clin d'œil nous vous avons enlevé votre butin ; et nous l'avons encore, et nous sommes en état de vous le montrer ici dans la maison . — Quanta toi, Falstair, tu as joué des jambes et as sauvé ta bedaine avec autantd'agililé et de dextérité qu'un autre; et tout en courant tu demandais quartier avec des hurlemens qui eussent rivalisé avec ceux d'un jeune taureau. Il faut que tu sois un grand misérable pour avoir ébrécbé ton êpée comme tu l'as fait, et venir dire ensuite que c'es" en te battant qu'elle a été mise en cet état! Quelle ruse, quel stratagème, quel échappatoire pourras-tu trouver maintenant, pour te dérober à ta bonté patente et manifeste?

Voyons, Jack, qu'as-tu à dire? par quelle manoeuvre vas-tu te tirer de là ?

FALSTAFF

Mon Dieu, je vous ai reconnus aussi bien que celui qui vous a faits. Écoulez-moi, mes maiires ! Élait-il convenable que je tuasse l'héritier présomptif? devais-je lever la main sur mon prince légitime? Tu sais que je suis aussi vaillant qu'Hercule; mais l'instinct est toujours là; le liun respecte le sang royal. C'est une chose merveilleuse que l'instinct. J'ai été poltron par instinct; et je n'en aurai que meilleure opinion de moi et de toi le restant de mis jours, de moi, comme lion courageux, de toi, comme prince légitime. Mais, par le ciel, mes enfans, je suis charmé que vous ayez l'argent. Hôtesse, tenez les portes closes; veillez cette nuil; vous prierez demain. Mes braves, mes amis, mes enfans, cœurs d'or, laissez-moi vous donner lesnomslespIusaflectueuxlDites, nousdivertirons-nous? voulez-vous que nous ayons une comédie impromptu?

LE PRINCE HRNRl.

Je le veux bien; ta poltronnerie en fera le sujet.

FALSTAFF

Ne parlons plus de cela, Henri, si tu m'aimes. Entre L'HOTESSE

l'hôtesse.

Mylord, mon prince, —

LE PRINCE HENRI

Eh bien, mylady l'bôtessel qu'avez-vous .1 me dire?

MAGASIN THEATRAL ETRANGER

l'bAtesse.

Mylord, il est arrivé un noble de la cour qui désire vous pailer. Il vient, dit-il, de la part de votre père.

LE PRINCE BENRI.

Donnez-lui ce qu'il faut pour que de noble il devienne royal *, et renvoyez-le à ma mère.

FALSTAÏF.

Quelle espèce d'homme est-cet

l'hôtesse.

C'est un vieillard.

FALSTAPF.

Que fait hors de son lit,.i minuit, la gravité d'un vieillard? Voule^-vou^ que j'.iille lui répondre.

LE PUIMLE HENRI.

Je l'en prie, .lack, vas-y.

FAI. STAFF

Laissez-moi faire; je vous en débarrasserai. 11 sort.

LE PRINCE HENRI

Par Noire-Dame, avouez, messieurs, que vous avez bravement combattu; — et toi aussi, Péto; — et toi aussi, Bardolphe. Vous êtes de vrais lions. Vous vous êtes sauvés par instinct : vous n'êtes pas gens à porter la main sur le prince légitime; fi donci

BARDOLPHE.

Ma foi, je me suis enfui quand j'ai vu fuir les autres.

LE PRINCE HENRI

Dis-moi franchement comment il se fait que l'épée de Falslaff soit si ébréchée.

PÉTO.

Il l'a ébréchée lui-même avec sa dague; il nous a dit qu'il n'épargnerait ni protestation, ni serment, pour vous faire croire que la chose s'était faite en combattant, et il nous a engagés à imiter son exemple.

BARDOLPHE.

II nous a conseillé d'introduire dans nos narines du chiendent pour nous faire saigner; de barbouiller nos habits avec ce sang, et de jurer que c'était le sang des hommes qui nous avaient attaqués. J'ai fait ce qui ne m'était pas arrive depuis sipt ans; j'ai rougi en entendant ses monstrueux expédiens.

LE PRINCE HENRI

Scélérat, il y a dix-huit ans que tu as avalé une coupe de vin en cachette, et que tu as été prissurle fait; et depuis cette époque, la rougeur est ton état naturel et permanent. Tu avais le feu au visage et le fer au côté, et tu t'es enfui. A quel instinct as-tu obéi en cela?

BARDOLPHE, mortiTa»! sa trogne rubiconde.

Mylord, voyez-vous ces météores? apercevezvous ces feux?

L'aulc

nhie e

OUrea/(-t3illliienioniiciifilc- 1 .-poque qui vumiI.Iin b, hcl-

liTigi ; le noble ne valait que six «cbeUiDga buil peaccs. [Noie du traducteur.)

LE PHINCE HENRI.

Oui.

BARDOLPHE.

Que croyez-vous que cela annonce?

LE PRINCE HENRI

Un foie chaud et une bourse froide.

BARDOLPHE.

La colère, mylord, pour qui sait comprendre.

LE PRINCE BENRI.

Dis plutôt, la potence.

Rentre FALSTAFF.

LE PRINCE BENRI, contimiont.

Voici Jack le maigrelet; voici notre squelette. Eh bien, mon aimable ballon? Combien y a-t-il de temps, Jack, que tu n'as vu les genoux?

FALSTAFF

Mes genoux? Quand j'avais ton âge, Henri, ma taille n'égalait pas en circonférence la serre d'un aigle; j'aurais pu tenir dans la bague d'un alderman*. Mais que ne peuvent les sou|iirs et le chagrin! ils vous gonflent un humnie comme une vessie. J'ai de mauvaises nouvelles à l'annoncer: Sir John Bracy est venu ici de la part de ion père; il te faut demain malin partir pour la cour. Cet écervelé du nord, Percy; et ce Gallois qui a donné la bastonnade au puissant Amaimon ", ia'M Lucifer cocu, et fait jurer foi et hommage au diable sur le fer d'une pique galloise, — Comment diable est-ce qu'on l'appelle ?

POINS

Glendower.

FALSTAFF

Owen Glendower; c'est bien lui ; et son gendre Hortimer ; et le vieux Nonhumberiand ; et cet Ecossais si agile, ce Douglas, qui, i cheval, gravit une montagne en ligne perpendiculaire,

LE PRINCE HENRI

Celui qui, lancé au grand galop, tue avec la balle de son p stolet une hiroudelle au vol.

FALSTAFF

C'est cela, tu as touché la vraie corde.

LE PRINCE HENRI

Mieux que sa balle ne toucha jamais l'hirondelle.

FALSTAFF

Eh bien I c'est un coquin qui a du cœur ; il n'est pas homme à fuir.

LE PRINCE HENRI

Imbécile que tu es, tu vantais tout-A-l'heure son agilité à courir.

A cheval, coucou; mais à pied oh ne It fera pas bouger d'un pas.

LE PRINCE BENRI.

Par instinct, sans doute 7

FALSTAFF

Par instinct, soit. Eh bien donc, il esi lA, ainsi

• Coiuciller municipal. (iVo<e du irntlucleur.)

'* L'un dei piinces detdémoiis.(Arv(e du tmduct*un)

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