‹ Œuvres du cardinal de Bernis ... Collationnées sur les textes des premières éditions, et classées dans un ordre plus méthodiqueChapitre 25 sur 96 · LES POÈTES LYRIQUES · texte numérisé non relu

LES POÈTES LYRIQUES

Puisse le flambeau de Thistoire L*éclairer éternellement !

Quel être plus puissant m*inspire ?

Où suis-je ? l'air que je respire Devient plus serein et plus pur :

Ravi sur la voûte éthérée , A travers le vaste empyrée Je volé sur un char d'azur.

Ciel ! l'éternelle intelligence Qui dispose a son gré du sort , Dieu, précédé de la vengeance > Ouvre le temple de la mort ; Lieu sombre , où la frayeur errante Se traîne à la lueur mourante D'un pâle et lugubre flambeau.

La mort, qui jamais ne se lasse , T trouve , à chaque instant qui passe , La porte afFreuse du tombeau.

Que l'homme l'implore ou la brave , Rien ne touche son cœur d'airain ; Dieu parle , elle accourt en esclave  la voix, de son souverain :

« Va , lui dit-il , punir la terre ; Sois plus cruelle que la guerre :

Pars ! vole , obéis à mes lois ; Ravage , ébranle les empires ; Et de l'horreur que tu respires Va remplir le palais des rois.

•ji5o ODE IV.

Epargne les princes iniques , Vils instruments de mon courroux ; Epargne les rois tyranniques...

Frappe le plus juste de tous. »

Il dit , et la sœur de la parque Cherche un père dans le monarque , Un sage dans le conquérant :

A cet accord rare et sublime La mort reconnoit sa victime , Déjà Louis est expirant.

Arrête , implacable furie , Respecte des jours précieux :

La voix , les vœux de la patrie Peuvent encor monter aux cieux.

Vains soupirs ! le péril redouble ; L'Europe attentive se trouble ; Le Bavarois est consterné :

Des temples les murs respectables Répètent les cris lamentables Du peuple aux autels prosterné.

Prince , qui défendra le titre Que brigue ton fier oppresseur?

L'Europe n'aura plus d'arbitre , Les rois perdront leur défenseur.

Les cieux sont-ils impénétrables ?

Et les plaintes des misérables S'égarent-elles dans les airs?

Non , non , leur voix est entendue .'

LES POÈTES LYRIQUES. 'i5i

La santé , du ciel descendue , Rend un héros a Funivers.

Déjà FAlsace délivrée Change ses cyprès en lauriers , Et la victoire rassurée Vole au devant^ de nos guerriers.

O douce paix , vierge céleste , Après une guerre funeste Sur nous vous régnerez encor :

Le temps des orages s'écoule , • Les plaisirs descendent en foule , Assis sur des nuages d*or.

Tels sont les sujets mémorables Que choisissoit l'antiquité :

Dans ses travaux toujours durables , Elle instruit la postérité.

Imitons son exemple utile ; Enfants d'Horace et de Virgile , Immortalisons les vertus ; Et peignons le roi le plus juste , Ami des beaux-arts comme Auguste , Et bienfiiisant comme Titus.

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