DESCRIPTION POÉTIQUE
Le feu des étoiles Commence à pâlir; La nuit dans ses voiles Court s'ensevelir :
L'ombre diminue , Et comme une nue S'élève et s'enfuit; Le jour la poursuit , Et par sa présence Chasse le silence , Enfant de la nuit.
L'amoureux satyre ,
Au malin sourire , Déjà dans les bois Conte son martyre :
Mais , sourde k sa voix , La nymphe timide Fuit d*un pas rapide.
Sur le front brûlé De ce dieu hâlé Régnent la licence > L'ardeur, les désirs , Et Tintempérance , Fille des plaisirs.
Mais déjà T aurore Du feu de ses yeux Embellit et dore Les portes des cieux :
Son teint brille encore Des vives couleurs Qu'on voit sur les fleurs Qu'elle fait éclore.
Le dieu du repos *, Couvert de pavots , Remonte avec peine Sur son char d'ébène.
Dans les airs portés , Les aimables songes , Suivis des mensonges , Sont à ses côtés :
* Var. Le dieu du sommeil,
Foible mais vermeil , etc.
Près de lui voltige L'Amour, qui s'afHige De voir la clarté.
Le grand jour rend sage :
Sans obscurité Plus de badinage , Plus de liberté. Sur un lit de roses Fraîchement écloses Flore du grand jour Attend le retour.
LejeuneZéphire A ses pieds soupire ; Et le dieu badin, Volant autour d'elle , Du bout de son aile Découvre son sein.
L'abeille agissante , Fidèle au travail , De la fleur naissante Enlève l'émail ; Tandis que , moins sage , Le papillon vain Parcourt en volage La rose et le thym *.
* Var. Chef des infidèles , Ainsi Richelieu , Papillon des belles Est toujours leur dieu ; Aimable et parjure
Tant que la fleurette , Habile coquette , Se cacbe a ses yeux , Amant langoureux , Près d'elle il s'arrête, Et dans sa conquête Voit mille plaisirs :
Mais si l'infidèle La rend moins cruelle , Adieu les soupirs ; Plus de complaisance ; Dans la jouissance Il perd ses désirs Avec sa constance. Tandis qu'à pas lents Le bouvier rustique Traîne dans les champs Sa charrue antique , Au bord des ruisseaux Où nait la fougère La jeune bergère Conduit ses troupeaux.
11 charme , il irahit -, Trompeur, il rassure ; Perfide, il jouit.
Qu'on lui soit rebelle , Soumis et fidèle , Il est enflammé.
Sitôt qu'on l'appelle , 11 craint d'être aimé.
Plus de complaisance , etc.
Beinis. 22
Une clarté pure Eclaire ces lieux, Et dans sa parure La simple nature Vient frappernos yeux.
Philomèle éveille Par ses doux concerts Echo qui sommeille Au fond des déserts.
En prenant sa route Au plus haut des cieux Phébus glorieux Pousse sous leur voûte Son char radieux.
Quittes *, Atalante, Le sein du repos , La troupe galante Du dieu de Paphos De ma jeune amante Ouvre les rideaux.
Qu'un voile de gaze
*, Il y a ici une faute contre la grammaire. La première conjugaison n'admet point d'S à la seconde personne du singulier de Timpératif, qui doit toujours être semblable à la première personne du présent de Tindlcatif II faudroit donc écrire :
Quitte f Atalante.
Mais alors le vers seroit faux : à moins qu'on ne suppose une lauie d'impression , et qu'il ne fidlle lire :
Quittez, Atalante.
Peut-être encore cette incorrection n'esl-elle quNinc licence poétique. (N. D.)
La cache à mes yeux, Qu'elle les embrase, S'ils sont curieux.
Sans rouge et sans mouche , Que toutes ses fleurs Au feu de ma bouche Doivent leurs couleurs.
Que le jour se lève , Pour remplir ses vœux; Que le jour s'achève , Pour me rendre heureux*.