‹ Œuvres du cardinal de Bernis ... Collationnées sur les textes des premières éditions, et classées dans un ordre plus méthodiqueChapitre 6 sur 96 · LA NUIT · texte numérisé non relu

LA NUIT

Déesse paisible des airs , O Lune , embellis l'univers , Et de ta lumière argentée Blanchis la surface des mers :

L'Amour implore ta puissance.

Triste victime de l'absence , Léandre , aimé sans être heureux , Frémit de la barrière immense Que Neptune oppose a ses vœux.

Mais que la fortune trahisse L'indigne amant qui réfléchit !

Sans connoître le précipice , Léandre y vole , et le franchit.

En vain sur les plaines humides Il touche , en étendant les bras , Le sein des jeunes néréides , Et s'égare sur leurs appas ; En vain cent beautés ingénues S'élèvent au milieu des flots :

Toujours moins homme que héros, Il fuit les belles éperdues , Qui , par leur mollesse étendues , Chantent les hymnes de Paphos.

La jeune Doris , plus pressante Et plus sensible a ses refus , Lui tend, d'une main caressante , Un piège inventé par Vénus.

Cent fois la naïade échappée S'attache k son sein embrasé :

S'il plonge , il baise une napée ;

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