‹ Œuvres du cardinal de Bernis ... Collationnées sur les textes des premières éditions, et classées dans un ordre plus méthodiqueChapitre 60 sur 96 · CONTE · texte numérisé non relu

CONTE

Ainsi qu'Hébé , la jeune Pompadour ,

A deux jolis trous sur sa joue ; Deux trous charmants où le plaisir se joue , Qui furent &its par la main de l'Amour. L'enfant ailé, sifùs un rideau de gaze, La vit dormir, et la prit pour Psyché. Qu elle étoit belle ! A l'instant il s'embrase : Sur ses appas il demeure attaché.

Plus il la voit , plus son délire augmente; Et, pénétré d'une si douce erreur,

Il veut mourir sur sa bouche charmante y Heureux encor de mourir aon vainqueur !

Enchanté des roses nouvelles y

D^un teint, dont Féclat éblouit, Il les touche du doig^ , elles en sont plus belles ; Chaque fleur sous sa main s'ouvre et s'épanouit. Pompadour se réveille , et l'Amour en soupire ; Il perd tout son bonheur en perdant son délire : L'empreinte de son doigt forma ce joli trou ,

Séjour aimable du sourire ,

Dont le plus sage seroit fou.

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