CHAPITRE X
LE TRAVAIL ET l'eSPÉRANCE.
Bardouc se lève avec le jour ; il s'arme gaiement de tons les instruments nécessaires à son entreprise. Il commence d'aborâ par tracer le lit du ruisseau. Le vieux bouc, témoin de tous ces travaux , les dirige , tout en les désapprouvant. La petite gazelle ne s'en mêle point : elle n'y entend rien , et, si elle voulait donner des conseils , elle gâterait tout ; mais , en revanche » elle ne cesse d'animer par ses discours Tardeur de, son maître. La belle Zélida vient de temps en temps elle-même visiter l'heureux Bardouc. Si elle parait contente de son travail, si elle lui sourit, si elle lui permet quelques caresses innocentes, il se croit des forces surnaturelles, et tenterait, je crois, d'aplanir. le mont Taiirus. '
. Il emploie deux mois à tracer le lit du ruisseau : un autre y eût mis un an ; mais quand on travaille pour posséder ce que Ton aime, on est plus expéditif qu'un antre. Il ne s'agit plus que d'entamer la colline qui sépare du ruisseau les champs stériles de Zélida. Bardouc n'est point effrayé des difficultés qu'il rencontre. Sa petite gazelle est toujours là pour relever son courage, que U