‹ Œuvres du Comte de Adrien de SarrazinChapitre 47 sur 91 · CHAPITRE XIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIIL

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Après avoir fait beaucoup de chemin sans savoir oà diriger ses pas ; après avoir tonné l>ng'tem()S contre les femmes en général , fort innocentes de sa déconvenae , et contre Zétid.i en particulier, qui sans doute rit à ses dépens dans les bras du beau Kated, le pauvre Bardouc prit , je crois , le meilleur parti qu'il eût à prendre dans cette triste circonstance. Accablé de fatigue , il s'endormit profondément entre son bouc et sa gazelle , qui tous deux suivirent ce bon exemple.

Il ne fut tiré de son somneil que par les gazouillements d^ine multitude de petits oiseaux , qni , voltigeant autour de lui , célébraiiint à Tenvi le t etour du malin. Il jette des yeux hagards sur tout ce qui l'environne, et se voit dans le séjour le plus charmant de la terre. Des arbres fruitiers dé toutes les espèces lui présentent leurs globes nuancés des plus riantes couleurs ; l'orange , la pèche veloutée, la poire succulente , le cirron doré, la grenade vermeille , se balancent au-dessus de sa tête , et semblent lui dire : « Cueille-nous; le ciel nous a formés pour chatouiller agréablement le palais délicat de Thumme, et pour rafraîchir le sang qui coule dans ses veines. »

Bardouc, malgré Tamour qui le tourmente, cède à la muette élo(|ucnce de ces fruits délicieux , et fait un excellent déjeuner, qu'il partage avec ses deux compagnons de voyage. Il s'approche ensuite d'un ruisseau pour se désaltérer; m.iis bientôt il recule d'étonnemcnit lorsquMl voit devant lui cette même petite vieille qui lui avait offert une si généreuse hospitalité , et qu'il avait dédaignée pour suivre l'ingrate Zélida. 11 rougit de honte , et garde un morne silence. La vieille le regarde en souriant et lui dit : « Te voilà donc, pauvre jeune homme ! je me dou-

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