‹ Œuvres du Comte de Adrien de SarrazinChapitre 54 sur 91 · CHAPITRE XVI. hM · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. hM

ignorent. Il- se croit dans son éléraenl ; il dit tout ce i|iit lui passé par la tète ; il se perd dans des région^ purement imaginaires ; il met en avant des principes de goût un peu singuliers, soutient des paradoxes on tant soit peU extravagants, mais dans lesquels il y a de Timagination. Il échauffe , il remue , il entraine , il subjugue. On ne songe pas à se demander si ses idées sont justes ; elles paraissent neuves , et depuis long-temps Tesprit persan roulait sur des idées si vieilles et si usées , que la nouveauté remportait dans Topinion sur ta justesse, où, pour mieux dire , que toutes tes idées paraissaient justes dès qu'elles avaient les couleurs de la nouveauté. On invite Bardouc à faire part aux convives de quelques morceaux de sa composition. Il ne connaît pas encore Tart de se faire prier, et, sans préambule, il dédame pompeiisemenC une pièce de vers quMi avait composée depuis le motnénC où il avait quitté le séjour de Simplide. Ce morceau produisit un effet prodigieux, et je n^en siiis pas étonné : les couleurs en étaient si brillantes, si variées et si vives, Il y avait un tel cliquetis d'images qu'on en était ébloui. 1\ est vrai que le bon sens n^en avait pas assorti les parties ; mais ce morceau était d*un genre où le bon sens n*est pas absolument obligé : c'était un dithyramhe. D^ailleurs, on était au dessert, et s'il n'y avait pas beaucoup de bon seffli' dans les vers de Bardouc, il n*y en ayaitpas beaucoup plus dans la salle. La belle Olinde est entraînée comme les autres ; la solidité de son esprit ne peut résister à Tébranlement général. La belle figure, la taille imposante du jeune poète , concourent encore à Villusion. Olinde lui prodigue , en rougissant, les éloges lès plus flatteurs, relève avec beaucoup d'esprit toutes les beautés de son poème; quant aux défauts, elle n*a pu les déooo* vrir : chez les femmes , la raison se tait quand le sentiment* prononce. *

Bardouc s'aperçoit bientôt de l'effet qu'il a produit sur les convives, et surtout sur Olinde. Il la regarde plus at-

A&O BARDODG.

tentivement , et plus elle lui donne d^éloges , plas il la trouve belle ; si bien qu^en sortant de table il est coa vaineu quHl n^existe rien sur la terre d^aussi beau que les traits d'Olinde. Cependant il n'en est pas encore amoureux.

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