‹ Œuvres du Comte de Adrien de SarrazinChapitre 77 sur 91 · LÀ GAZELLE A LA COUR · texte numérisé non relu

LÀ GAZELLE A LA COUR

Bardouc se voit donc bientôt le maître d'une grande fortune , et tiçnt la meilleure maison d'Ispahan. Il pense alors à faire richement imprimer ses poésies , et , contre l'attente du vieux bouc , qui n'avait cessé de le détourner de ce projet , elles ont le plus grand succès. Au fait , le vieux docteur avait un esprit trop timide : les œuvres de Bardouc ne pèchent que par le bon sens , et peu de gens sont en état de distinguer ce qui leur manque.

Voilà donc la gloire et la fortune qui s'entendent pour embellir son existence. Le Grand Roi, qui revenait d'une expédition éloignée , entend parler des deux merveilleux animaux; il veut juger par lui-même de ces êtres extraordinaires, et savoir si leur réputation n'est point usurpée. Bardouc reçoit Tordre de se présenter à la cour. Il obéit sans différer, au grand contentement de la petite gazelle , et au grand chagrin du vénérable bouc , qui sentit fort bien qu'il ne serait pas là dans son élément, qu'on dédaignerait ses conseils, et que ses paroles seraient tournées

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