RETOUR VERS LE ROYAUME DE SIMPLIGIE
Ainsi Bardonc s'entretenait avee son fidèle ami. Le ange à longue barbe loi demande dans quel lieu il conqUe désormais établir sa résidence. « Hélas 1 dit Bardouc , je n'y ai pas même songé. — Si la bonne Simplieie voulait eneore nous recevoir ?.. . Ah ! dit Bardouc en versant une larme, je n'aurais jamais dû la quitter. »
Les deux voyageurs dirigent leurs pas vers le royaume de Simplieie. Bardouc, pendant le chemin, ne cesse de soupirer et de regretter sa petite gazelle.
Ils arrivent enfin au terme de leur voyage. Mais, hélas! qu'est devenu ce riant séjour qu'habitaient T innocence et le bonheur ? Le site est toujours le même ; mais toutes ces jolies maisons tombent en ruine. Le palais de Simplieie a disparu, ainsi que la fée, dont la bienfaisanee animait et fécondait ce nouveau paradis terrestre.
Le vénérable boue reconnaît le pavillon fatal où tant de petites fioles se trouvaient réunies. Le cabiuet est à demi ruiné; on y voit un grand nombre de fioles vides et brisées. Bardouc soupire, et demande quelle peut être la eause de ce désastre. Le vieux bouc prend la parole, et lui dit : « Lorsque tù sortb« de ce pavillon^ tu oublias d*eii fermer la porte, et les sujets de la fée s'y fréetpitèrent après toi. Chacun, à ton exemple , choisit la fiole qui lui plut, et la vida jusqu'à la dtirniére goutte. Dans l'iiistant, une folle ambition pénétrant leurs cœurs, ferma leurs yeux sur les charmes de ce séjour. Sentant le besoin de déployer sur un grand théâtre les connaissances et les facultés nouvelles qu'ils venaient d'acquérir , ils coururent dans les grandes villes de la Perse et des royaumes voisins chercher des applaudissements pour leur orgueil et des trésors pour leur cupidité. J^ai presque été, mou cher