LE BAL1STE CENDRE
' d'un gris cendré , et qu'il est aisé de distingues de tous les batistes qui le précédent sur lé tableau du troisième sous-genre de ces cartilagineux, par les quatre rayons qui composent sa première nageoire dorsale.
Qn le sépare facilement de tous les animaux déjà connus de sa famille, en réucpssant à ce caractère la présence de trois bawklettea bleues et courbes qui sont placées sur chaque côté de la queue, et celle d'une bande noire qui va de chaque œil k la nageoire pectorale la plus voisine. Indépendamment des trois raies bleues, on voit des piquans sur les deux faces latérales de la queue de ce batiste, dont M. Sonnerat a publié le premier la description , et dont Gommerson a dessiné la figure*.
IB BAUSTE ASSASI.
fowiAix * observé sur les rivages de l'Arabie ce poisson de k mer Rouge, qui montre sur son corps un grand nombre devenues brunes,, et, sur chaque face latérale de sa queue , trois rangées de verrues noires. Cet animal, dont on mange la chair, quoiqu'elle ne soit pas trés-succulente, présente d'ailleurs une disposition de couleurs assez régulière , assez variée, et très-agréable. La partie supérieure de ce batiste est brune , l'inférieure est blanche ; et sur ce double fond on voit du jaune autour des lèvres, quatre raies bleues et trois raies noires placées en travers et alternativement au-devant des yeux, une raie d'une teinte foncée et tirée de la bouche à chaque nageoire pectorale, chacune de ces deux raies obscures surmontée d'une bandelette jaune, lancéolée, et bordée de bleu, et d'une seconde bandelette noire également lancéolée, une tache allongée et blanche sur la queue, une autre tache noire et entourée de fauve à l'endroit de l'anus , et enfin du roussàtre sur presque toutes les nageoires.
LE BAUSTE MONOCÉROS.
Nous voici parvenus au quatrième sousgenre de batistes. Nous ne trouverons maintenant qu'un seul rayon à la première na-
1 A la première nageoire dorsale. 4 rayons.
& la seconde 24
aux pectorales 44
à celle de l'anus. . ... . 21
à celle de la queue, qui est un peu arrondie. 12
geoire dorsale et à la fcioracbique. A la tète de ce sous-genre , nt>us avons inscrit le monoeéros. Ce nom de monoeéros, qui désigne la sorte de corne unique que l'on voit sur le dos du poisson , a été donné à plusieurs batistes. Nous avons déjà vu que Plumier l'avoit appliqué au chinois ; mais, à l'exemple de Linné et d'un grand nombre d'autres naturalistes, nous remployons uni-, quement pour l'espèce que nous décrivons dans cet article.
Le batiste monocéMs, que l'on trouve dans les mers chaudes de l'Asie et du nouveau continent, parvient ordinairement à le longueur d'un pied. 11 est varié de brun et de cendré ; et la couleur brune est distribuée sur la nageoire de la queue en trois bandes transversales, qui ressortent (fautant plut que le fond de cette nageoire est d*un jaune couleur d'or, comme toutes les autres nageoires de oe cartilagineux, et comme l'iris de ses yeux.
L'entre-deux de ces organes de la vue est plus élevé au-dessus de l'ouverture de la bouche que sur plusieurs autres batistes. Le rayon qui représente la première nageoire dorsale est très-long, recourbé vers la queue, retenu par une petite membrane qui attache au dos la partie postérieure de sa base, et garni, des deux côtés, de piquans tournés vers cette même base.
La nageoire de l'anus et la seconde du dos renferment un très-grand nombre de rayons '.
Le monoeéros vit de polypes et de jeunes crabes.
Il parott que l'on doit rapporter à cette espèce un batiste qui a une grande ressemblance avec le monoeéros, mais qui parvient jusqu'à la longueur d'un mètre , ou d'environ trois pieds , qui présente des taches noires, rouges et bleues, figurées de manière à ressembler à des lettres , et qui , par une suite de cette disposition de couleurs, a été nommé le batiste écrit. On ne sera pas étonné d'apprendre que ce batiste, paré de nuances plus variées que le monoeéros ordinaire , se nourrit fréquemment d'animaux à coquille, et de ceux qui construisent les coraux. Sa chair passe pour malfaisante et même vénéneuse, vraisemblablement par une suite des effets funestes de quelques-uns des alimens qu'il préfère.