‹ Œuvres du Comte de Lacépède: comprenant l'histoire naturelle des ..., Volume 2Chapitre 264 sur 658 · A la membrane îles branchies. 6 rayons · texte numérisé non relu

A la membrane îles branchies. 6 rayons

à la nageoire du dos. . . , 55

à chacune des pectorales. f .18

à chacune des thoracines, . ft

a celle de Pamw. . . , , 85

h celle de la queue, 'ont e*t

fourchue. . » .' * i

Ml

allongé et un peu comprimé, il moniroit, sur la plus grande partie de sa surface, une teinte agréable qui réunissoit la blancheur du lait à l'éclat de l'argent; une nuance grise varioil son dos ; la nageoire dorsale et celle de l'anus étpient distinguées par de petites bandes transversales brunes ; les bandelettes de la première de ces deux nageoires s'étendoienl sur la partie supérieure de l'animal, y onduloient, pour ainsi dire, s'y réunissoient les unes aux autres, disparoissoient vers la partie inférieure du poisson ; et la nageoire de la queue, qui étoit fourchue, présentoit un croissant trèsbrun.

D'ailleurs ce corypbène avoit des yeux assez grands: l'ouverture de sa bouche, étant très large, laissoit voir facilement une langue lisse , et arrondie par-devant ; un opercule composé de deux lames nqp découpées couvroit de chaque côté un grand orifice branchial; la ligne latérale étoit droite et peu proéminente 1.

LE CORYPHÈNE POiMPILE.

De tous les coryphènes du premier sousgenre, le pompile est celui dont la nageoire caudale est la moins fourchue; et voilà

{ pourquoi quelques naturalistes, et particuiérement Ârtedi, le comparant sans doute à l'hippurus, ont écrit que cette nageoire de la queue n'étoit pas échancrée. Cependant, lorsqu'on a sous les yeux un individu de cette espèce, non altéré, on s'aperçoit aisément que sa nageoire caudale présente à son extrémité un angle rentrant. Les anciens ont nommé pompile^ le coryphéne dont nous traitons dans cet article, parce que, se rapprochant beaucoup par ses habitudes de l'hippurus et du doradon, on diroit qu'il se plaît à accompagner les vaisseaux, et que pompe signifie en grec pompe ou cortège. Au reste, il ne faut pas être étonné qu'ils aient assez bien connu le manière de vivre de ce poisson osseux, puisqu'il habite dans la Méditerranée , aussi bien que dans plusieurs portions chaudes ou tempérées de l'Océan atlantique, et du grand Océan.

L'ouverture de la bouche du pompile est

1. A la membrane des branchies. 6 rayons, à la nageoire du dos. ... 54 à chacune des pectorales. • .19 a chacune des thoracines. . 5 a celle de l'anus. . , . . 27 a celle de la queue* . ... 17

LE CORÏPHÈNE ONDE.

très-grande ; sa mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure, et un peu relevée ; les côtés de la tête présentent des dentelures et des enfoncemens ; la ligne latérale est courbe ; les nageoires pectorales sont pointues * ; des bandes transversales étroites, et communément jaunes, régnent sur les côtés. La dorure qui dislingue un si grand nombre de coryphènes se manifeste sur la pompile au dessus de chaque œil ; et voilà pourquoi on l'a nommé sourcil d'or, en grec xpvaofpvi.

LE CORYPHÈNE BLEU.

L'or, l'argent et l'azur brillent sur les coryphènes que nous venons d'examiner ; la parure de celui que nous décrivons est plus simple, mais élégante. Il ne présente ni argent ni or; mais toute sa surface est d'un bleu nuancé par des teintes agréable - •ment diversifiées, et fondues par de douces dégradations de clarté 2. On le trouve dans les mers tempérées ou chaudes qui baignent les rivages orientaux de l'Amérique. Sei écailles sont grandes; celles qui revêtent le dessus et les côtés de saaête sont assez semblables aux écailles du do*. Une seule lame compose l'opercule des branchies, dont l'ouverture est très-large ; la ligne latérale est plus proche du dos que de la partie inférieure de l'animal ; les yeux sont ronds et grands, et une rangée de dents fortes et pointues garnit chaque mâchoire.

LE CORYPHÈNE PLUMIER.

Ce coryphéne, que le docteur Bloch a fait connoître, et qu'il a décrit d'après un manuscrit de Plumier, habite à peu prés dans les mêmes mers que le bleu : on le trouve particulièrement, ainsi que le bleu, dans le bassin des Antilles. Mais combien 11 diffère de ce dernier poisson par la magnificence et la variété des couleurs dont il est

1. A la nageoire dorsale. ... 35 rayons, à chacune des pectorales, . . 14

à chacune des thoracines. . . <$

à celle de l'anus 24

£ celle de la queue. ... 16 *

2. A la membrane des branchies. 4 à la nageoire du dos. . . ,19 à chacune des pectorales. . , Ift à chacune des thoracines, . 5

à celle de l'anus H

à celle de la queue. ... 19

ayons.

LE CORYPHÈNE PLUMIER,

Ml

revêtu! C'est un des plus beaux habitai» de l'Océan. Tâchons de peindre son portrait avec ûdélité.

Son dos est brun ; et sur ce fond que la Nature semble avoir préparé pour (aire mieux ressortir les nuances qu'elle y a distribuées, on voit un grand nombre de petites raies bleues serpenter, s'éloigner les unes des autres, et se réunir dans quelques points. Cette espèce de dessin est comme encadré dans l'or qui resplendit sur les côlés du poisson, et qui se ehange en argent éclatant sur la partie inférieure du coryphéne. La tête et brune ; mais chaque œil est situé au-dessous d'une sorte de tache jaune, au-dessus d'une plaque argentée» et au centre de petits rayons d'azur. Une bordure grise fait ressortir le jaune des nageoires pectorales et thoracines; la nageoire de la queue, qui est jaune commo celle de l'anus, présente déplus des teintes rouges et un liséré bleu ; et enfin une longue nageoire violette règne sur la partie supérieure du corps et de la queue *. Le coryphéne plumier est d'ailleurs couvert de petites écailles ; il n'a qu'une lame à chacun de ses opercules ; il parvient ordinairement à la longueur d'un demi- mètre, et sa nageoire caudale est en croissant, comme celle du bleu.

LE CORYPHÈNE RASOIR5.

Ce poisson a sa partie supérieure terminée par une arête assez aiguë, pour qu'on n'ait pas balancé à lui donner le nom que nous avons cru devoir lui conserver. Il habite dans la Méditerranée ; et voilà pourquoi il a été connu des anciens, et particulièrement de Pline. Il est très-beau ; on voit sur sa tête et sur plusieurs de ses nageoires des raies qui se croisent en différens sens, et qui montrent cette couleur bleue que nous avons déjà observée sur les coryphènes : mais il est le premier poisson de son genre qui nous présente des nuances rouges éclatantes, et relevées par des teintes, dorées. Ce rouge resplendissant est répandu sur la plus grande partie de la surit A la membrane des branchies. t\ rayons, a la nageoire du dos. ... 77 à chacune des pectorales. . . 11 à chacune des thoracines, . . 6

à celle de l'anus 55

à celte de la queue. . • . 16 2. Pt$ce pettine, sur les côtes de la Ligurje; vason, sur plusieurs cotes d'Espagne,

face de ranimai ; et il y est réfléchi par des ; écailles très-grandes. La chair du rasoir est tendre, délicate, et assez recherchée sur plusieurs rivages de la Méditerranée. Sa ligne latérale suit à peu près la courbure du dos, dont elle est très-voisine ; chacun de ses opercules est composé de deux lames; et sa nageoire caudale étant reetiligne, nous l'avons placé dans le second sous-genre des coryphénes. Au reste, l'histoire de ce poisson nous fournil un exemple remarquable de l'influence des mots. On l'a nommé rasoir long temps avant le siècle de Pline : à cette époque, où les sciences physiques étoienl extrêmement peu avancées, cette dénomination a suffi pour faire attribuer à cet animal plusieurs des propriétés d'un véritable rasoir, et même pour faire croire, ainsi que le rapporte le naturaliste romain, que ce coryphéne donnoit un goût métallique et particulièrement un goût de fer, à tout ce qu'il touchoit.

LE

CORYPHÈNE PERROQUET.

La forme recti ligne que présente la nageoire caudale de ce poisson détermine sa place dans le troisième sous -genre des coryphénes. Sa ligne latérale est interrompue; et sa nageoire dorsale, assez basse et composée de trente rayons, ou environ, commence à l'occiput *.

il a été observé par le docteur Garden dans les eaux de la Caroline. La beauté des couleurs dont il brille, lorsqu'il est animé par la chaleur de la vie, ainsi que par les feux du soleil, a mérité qu'on le comparât aux oiseaux les plus distingués par la variété de leurs teintes, la vivacité de leurs nuances, la magnificence de leur parure, et particulièrement aux perroquets. Les lames qui recouvrent sa tête moutrent la diversité des reflets des métaux polis et des pierres précieuses; son iris, couleur de feu, est bordé d'azur; des raies longitudinales relèvent le fond des nageoires ; et l'on aperçoit vers le dos, au milieu du tronc, une tache remarquable par ses couleurs aussi bien que par sa forme, faite en losange, et présentant, en quelque sorte,

Page 1