LÉ TR1CBIURE LEftLRE
CAlACTRftES.
[La mâchoire inférieure plus avancée que la sapciicuie.
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LB TRICSHJRE ÉLECTRIQUE
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Les déut mietadlrts <§.«!*ment avancées.
LE TRICHIURE LEPTURE ■.
Les trichiures sont encore de ces poissons apodes qui ne présentent aucune nageoire à l'extrémité de la queue. On les sépare cependant très -aisément de ces osseux qui n'ont pas de véritable nageoire caudale. En effet, leur corps très -allongé et très-comprimé ressemble à une lame d'épée , ou , si on fe veut, à un ruban; et voilà pourquoi le lepture , qui réunit à cette conformation la couleur et l'éclat del'argent, a été nommé Ceinture d'argent on ceinture argentée.
D'ailleurs les opercules des branchies sont placés beaucoup plus prés des yeux sur les trichiures que sur les autres poissons avec
dans la plupart des osseux qrui se font distinguer par leur voracité. Indépendamment de cette mobilité qui donne a l'animal la faculté de présenter ses crochets sous l'angle le plus convenable , et de retenir sa proie avec plus de facilité, plusieurs des dents des mâchoires du lepture, et particulièrement celles qui avoisinent le bout dil museau , sont longues et recourbées vers leur pointe ; les autres sont courtes et aiguës. On n'en voit pas sur. la langue, ni sur le palais ; mais on en aperçoit de trèspetites sur deux os placés vers le gosier.
Les yeux sont grands, très -rapprochés du sommet de la tête , et remarquables par un iris doré et bordé de blanc autour dé la prunelle.
L'opercule , composé d'une seule lamé , et membraneux dans une partie de son contour, Terme une large ouverture branchiale*. Une ligne latérale couleur d'or s'étend sans sinuosités depuis cet opercule jusqu'à l'extrémité de la queue. L'anus est assez prés dé la tête.
Les nageoires pectorales sont très-petites et ne renferment que onze rayons ; niais la nageoire dorsale en comprend ordinairement cent dix-sépt, et règne depuis la nuque jusqu'à une trés-pétite distance du bout de la queue.
On ne voit pas dé véritable nageoire df l'anus : à la place qu'occupéroit cette nageoire, on trouvé seulement de cent à cent vingt , et fe plus souvent cent dix aiguillons très-courts, assez éloignés les uns des autres, dont là première moitié, ou à peu prés , est recourbée vers la queue , et dont la seconde moitié est fléchie vers la tète.
I. Trichiunts leptttms; pallle-en-cul , p«ir •plusieurs voyageurs et naturalistes, ^
i. Oh compte branchies.
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LE TRICfaltJhE LEPTURE.
L&Çbéuë du ièptiitèy presque toujours très-déliée et termiriéè par une sorte de prolôngatUhi assez semblable à un fil ou à un cheveu , a fait donner â ce poisson lé nom de lepture, qui signifie petite queue, ainsi que celui de trichinre, qui veut dire queue en cheveu , et que Ton a étendu , comme nom' générique, â toute la petite famille dont nous nous occupons. Cependant, comme cette queue très-longue est en même temps assez comprimée pour avoir été comparée à une lame, comme le corps et la tête présentent une conformation semblable, et que • tous les muscles de l'animal partissent doués d'une énergie tres-soutenue, on supposera sans peine dans le lepture une mobilité rare , mie natation très-rapide , une grande souplesse dans les mouvemens, pour peu que l'on se rappelle ce que nous avons déjà exposé plus d'une fois sur la cause de la natation céïére des poissons*. Et en effet, les voyageurs s'accordent à attribuer au lepture une agilité singulière et une vélocité extraordinaire. S'agitant presque sans cesse par de nombreuses sinuosités , ondulant en différeus sens, serpentant aussi facilement que tout autre habitant des eaux, il s'élève 5 s'abaisse, arrive et disparaît avec une promptitude dont à peine on peut se former «ne idée. Frappant violemment l'eau par ses deux grandes surfaces latérales, if peut se donner assez de force pour s'élancer au-dessus de la surface des fleuves et des lacs; et comme il est couvert partout de très-petites écailles blanches et éclatantes, et, si je puis parler ainsi, d'une sorte de poussière d'argent que relève l'or de ses iris et de ses lignes latérales, il brille et dans le sein des ondes et au milieu de l'air, particulièrement lorsque , cédant à sa voracité, qui est très- grande, animé par
i . La collection du Muséum renferme mie variété de lepture , qu'il est aisé de distinguer par la forme du bout de la queue. Cette partie, au lieu de se terminer par une prolongation filamenteuse , paroît comme tronquée assez loin de sa véritable extrémité; elle présente, à l'endroit où elle finit , une ligne droite et verticale. Et quoique nous ayons vu deux individus avec cette conformation particulière , nous ne savons pas si , au lieu d'une variété plus ou moins constante , nous n'avons, pas eu uniquement sous les Îreux deux produits d'accidens semblables ou anaogues , deux résultats d'une sorte d'amputation extraordinaire , dont on trouve plusieurs exemples parmi les animaux à sang froid , qu'ils peuvent subir sans en périr, et qui , pour les deux individus dont notts parlons , aurait emporté la portion la plus déliée de leur queue.
une affection puissante, ajoutant par l'effet de ses mouvemens à la vivacité de ses couleurs, et déployant sa riche parure sous un ciel enflammé, il jaillit du dessus les eaux, eC, poursuivant sa proie avec plus d'ardeur que de précautions , saute jusque dans les barques et au milieu des pécheurs. Cette bande d'argent si décorée , si élastique , si vive , si agile , a quelquefois plus d'un mètre de longueur.
Le lepture vit au milieu de l'eau douce. On le trouve, comme plusieurs gymnotes, dans l'Amérique méridionale. 11 n'est pas étranger néanmoins aux contrées orientales de l'ancien continent : il se trouve dans la Chine ; et nous avons vu une image frès-fldêlè de Ce poisson dans un recueil de peintures chinoises données par la république batave à la république française, déposées maintenant dans le Muséum d'histoire naturelle, et dont nous avens déjà parlé dans cet ouvrage.
Au resté, la beauté et la vivacité du lepture sont si propres à plaire aux yeux , à parer une retraite, à charmer des loisirs, qu'il n'est pas surprenant que les Chinois l'aient remarqué , observé, dessiné ; et vraisemblablement ce peuple, qui a su tïrer un? si grand parti des poissons pour ses plaisirs, pour son commerce , pour sa nourriture , ne se sera pas contenté de multiplier les portraits de crtte espèce î il aura voûhr aussi en répandre les individus dans ses nombreuses eaux , dans ses larges rivières, dans ses laes enchanteurs.
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TRICHIURE ÉLECTRIQUE •.
On a reconnu dans ce triemuré une f^ culte analogue à celle de fe torpille et du gymnote torporifique. Mais comme, en découvrant ces effets , on n'a observé aucun phénomène particulier propre à jeter un nouveau jour sur cette puissance 4rae nous avons long-temps considérée en traitant du gymnote engourdissant et de là torpillé , nous croyons devoir nous contenter de c&re que le trichiure électrique est séparé du ■ lepture , non-seulement par là cenfoTntation de ses mâchoires, qui sont ternies les deux également avancées, mais encore p*r la forme de ses dents , toutes éxttememttit
î. Paille-en-cul ; fur quelques voyageurs.
116 LE TRiCHIURE ELECTRIQUE.
petites. D'ailleurs le bout de la queue n'est S'il a été doué de la puissance, il est donc
pas aussi aigu que dans le lepture. De plus, bien éloigné d'avoir reçu l'éclat de la beau-
au lieu de présenter l'or et l'argent qui # té. C'est dans les mers de l'Inde qu'il exerce
décorent ce dernier poisson , il n'offre que le pouvoir qui lui a été départi, des couleurs ternes ; il est brun et tacheté.