DE L’ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES
L'Académie nous a chargés -dé lui faire le rapport d'un ouvrage dé M. lé contre de Laoépéde , qui a pour titre: Histoire naturelle des Serpents. • *
Cet ouvrage est une -suite dé celui qu'il a publié l'année dernière sur les Quadrupèdes ovipares et qui a été approuvé par ! Académie, M. le comte de Ldcépède y traite de phis de Cent soixante-quinze espèces de Serpents, parmi lesquelles, plus de vingt-deux espèces n'avaient encore été décrites par aucun auteur, et plusieurs Autres pavaient été. que légèrenlent indiquées par les voyageur» ou les naturalistes. C’est principalement dans la collection du Cabinet. du roi, que M. le comte de Lacépèdé a' vu ces espèces de Serpents, qui n’étaientpas encore connues ou qui. né l'étaient qu’iniparfaitement. Y. •* ' • * 'Y- . ' '
L’auteur les a distribuées en huit genres avec là plupart des naturalistes; il a placé dans le premier, sous • la dénomination de Couleuvres, les. serpents qui ont de grandes plaqués Sous le corps et deux rangées de petites plaques sous la queue : comme ce genre est très-nom-; breuXj et contient cent trente-sept espèces , l'auteur dit, dans l’article où il traite de la nomenclature des Serpents; qu’il aurait désiré de diviser le. genre des -couleuvres, d'autant plus qu'il aurait voulu séparer les couleuvres venimeuses de celles qui ne le sont pas; celtes
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dont les petits éclosent dans le ventre de leur mère, de celles tjui pondent des œufs. En effet, dans la partie 'historique de son ouvrage, l'auteur sépare Ces couleu-' vres en commençant par les vipères d’Europe , et les autres vipères des pays étrangers telles que le Céraste , le Naja , etc. et eh passant ensuite à la couleuvre à collier et aux autres CQuleuvres non venimeuses d’Europe , ou des autres parties du globe. Mais, dans sa table Aiéthodique, M. le comte de Lacépède a été obligé de les réunir toutes dans le même genre, n’ayant pas pu trouver des caractères extérieurs très-sensibles et constants pour différencier ce» deux divisions. Il expose les tentatives , qu’il a faites à ce sujet, et indique aux voyageurs des observations d’après lesquelles on pourrait espérer de trouver ees caractères. ■■ •
Dans le second genre , fauteur comprend les serpents • qui ont une rangée de grandes plaques sous la queue aussi-bien que sous le- ventre et auxquels il conserve le
• nom de Boa ; ce genre présente dix espèces de Serpents dont, plusieurs parviennent à une longueur très-considérable, et parmi lesquelles est - le Devin dont la longueur es I quelquèfois de plus de -trente pieds. -
Le troisième genre-renferme les serpents connus sous
• le nom de Serpents à sonnettes , parce qu’ils ont au bout
de la queue des écailles articulées, sonores et mobiles. L’auteur en compte cinq espèces, . ■ v <-
M. le comte de Lacépède a mis dans le quatrième genre les serpents auxquels on a donné le noih X Anguis et qui n’ont sous le corps que de petites écailles.
0 II donne la description de seize espèces de' ces animaux parmi lesquels est f Orvet , petit serpenttrè s-connu eii Europe, et particulièrement dans plusieurs provinces de France.
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■ Il place dans le cinquième genre, sous le nom d’Amphisbènes, deux espèces de serpents dont Je corps, et la queue sont entourés d’anneaux écailleux.
il met dans le sixième deux autres espèces de serpents dont les côtés du corps sont comme plissés et qUe l’on a nommés Ccecilies. ..• •••
Il a Conservé le nom Ae.Langaha à une espèce de serpent, qui, ne pouvant être comprise dans aucun des genres précédents, a dû former un septième genre. Le dessous du corps de ce serpent présente vers la tète de grandes plaques, et ne montre ensuite que des anneaux écailleux; et sa queue garnie de cés mômes anneaux à son origine, n’est revêtue que de petites écailles à son extrémité.-. ' . .
Enfin , dans le huitième genre, M. le comte de Lacépède traite d'pn serpent dont on a donrté la description spus le nom à!. A croc horde de Java, et qu’il cj-oit • être d'un genre 'particulier, d'après M. Hornstedt qui l'a fait connaître, jusqu'à ce que de nouvelles observations aient déterminé sa place dans quelqu’un des genres précédents. *./ * . ... .• . .
M. de Lacépède ayant vu non seulement plusieurs espèces de serpents , mais plusieurs individus de la même espèce, a reconnu la difficulté de reconnaître les espèces, en n'employant qu'un très-petit nombre de caractères à l'exemple de la plupart des naturalistes. Il a Vu qu'un • grand nombre de ces caractères était très- ' variable en raison de l'âge ou du sexe ou d’autres circonstances. Jha cherché les caractères extérieurs les plus constants; ceux qui lui ont paru n'ètre pas sujets à 4 varier, sont communs à un trop grand nombre d'espèces de serpents pour servir à distinguer chaque espèce
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en particulier, U les a combinés avec les caractères moins constants employés jusqu'ici par plusieurs no-, menclateurs. Il en a composé une table méthodique, dans laquelle les caractères variables qui seuls naq>olirraient pas garantir de l'erreur , servent cependant à faire ' trouver l'objet que l’on cherche : cette table réunit l’avantage de faire reconnaître plus sûrement qu'aucune autre, l’espèce d'un' serpent, et présente les rapports principaux que les diverses espèces ont entre elles.
Ces caractères tant constants , que plus ou moins va^ riables, sont le nombre des glandes et des petites plaques ; la proportion de la longueur du oorps à celle de la queue, la présence ou le défaut de dents longues, crochues , creuses , mobiles et connues sous le nom de crochets h -venin ; la forme et l'arrangement des éçailles qui couvrent le sommet de la tête ; la forme de celles qui garnissent le dos; les traits particuliers de conformation qUe les serpent* peuvent présenter tels 'que la grosseur de la tête; la forme de cette partie, la distribution des taches et même leur couleur; dernier caractère que l’auteur regarde comme très-variable, mais qu’il présente avec las autres; sa combinaison avec Ces derniers peut quelquefois servi» a lever des doutes et à , distinguer les espèces. ’ * ‘ ; v . s '
Les èspèces de serpents qui sont comprises dans la table méthodique de M. le comte de Lacépède sont arrangée? suivant le nombre des plaques ou des écailles quelles -ont sous le ventre; les espèces qui en ont le plus se trouvent placées les premières. On peut connaî- 9 tre par ce moyen , avec quelles espèces on a principalement besoin de comparer celle que l'on veut recon- * naître.
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