DU CAMÉLÉON
tesse de sa course et la grandeur de ses sauts, la rapidité du vol des oïseaux; mais c’est toujours avec lenteur qu'il va d’un rameau à un autre, et il est plutôt dans les bois en embuscade sous les feuilles, pour retenir les insectes ailés qui peuvent tomber sur sa langue gluante, qu'en mouvement de chasse pour aller les surprendre.
La facilité avec laquelle il les saisit le rend utile aux Indiens, qui voient avec grand plaisir dans leurs maisons cet innocent lézard. Il est en effet si doux, qu'on peut, suivant Alpin, lui mettre le doigt à la bouche, et l'enfoncer très avant, sans qu’il cherche à mordre?, et M. Desfontaines, savant professeur du Jardin du Roi, qui a observé les caméléons en Afrique, et qui en à nourri chez lui, leur attribue la même douceur qu’Alpin.
Soit que le caméléon grimpe le long des arbres, soit que caché sous les feuilles il y attende paisiblement les insectes dont il se nourrit, soit enfin qu'il marche sur la terre, il paroît toujours assez Jaïid : il n'offre pour plaire à la vue, ni proportions agréables, ni taille svelte, ni mouvements rapides. Ce n’est qu’avec une sorte de circonspection qu'il ose se remuer. S'il ne peut pas embrasser les branches sur lesquelles il veut grimper, il s'assure, à chaque pas qu'il fait, que ses ongles sont bien entrés dans les fentes de l'écorce ; s’il est à terre il tâtonne ; il ne lève un pied que lorsqu'il est sûr du point d'appui des autres trois:
1. Hasselquist a trouvé, dans l'estomac d’un caméléon , des restes de papillons et d’autres insectes. Hasselquist, Voyage en Palestine, page 549.