Catesby, à l'endroit déjà cité
4. Mémoires manuscrits, rédigés et communiqués par M. Fouge: roux de Bondaroy, de l'Académie des Sciences.
DE LA CAOUANE. 99
réunis par une membrane, ont une forme très allongée et ressemblent à des nageoires, ainsi que dans la tortue franche; ceux de devant sont plus longs, mais moins larges que ceux de derrière; et ce qui est un des caractères distinctifs de la Caouane, c’est que les pieds de derrière, ainsi que ceux de devant, sont garnis de deux ongles aigus.
La caouane habite les contrées chaudes du nouveau continent, comme la tortue franche; mais elle paroît se plaire un peu plus vers le nord, que cette dernière ; on la trouve moins sur les côtes de la Jamaïque !; elle habite aussi dans l’ancien monde; on la trouve même très fréquemment dans la Méditerranée où on en fait des pèches abondantes, auprès de Cagliari en Sardaigne et de Castel-Sardo, vers le quarante-unième degré de latitude; elle y pèse souvent jusqu’à quatre cents livres (poids de Sardaigne )}?. Rondelet, qui habitoit le Languedoc, dit en avoir nourri une chez lui pendant quelque temps, apparemment dans quelque bassin. Elle avoit été prise auprès des côtes de sa province ; elle faisoit entendre un petit son confus, et jetoit des espèces de soupirs semblables à ceux que l'on a attribués à la tortue franche ?.
Les lames ou écailles de la caouane sont presque de nulle valeur, quoique plus grandes que celles du caret dont on fait dans le commerce un si grand usage ; on s’en servoit cependant autrefois pour gar-
1, Browne , à l'endroit déjà cité.
2. Histoire naturelle des amphibies et des poissons de Sardaigne, par M. François Cetti Sassari , 1777, page 15.