Discours sur la nature des poissons
DÉS POISSONS. 163 celte espèce de poisson, ainsi que pour beauccup d’autres, en les tenant, pendant le transport, enveloppées dans la neige, ou dans de la glace. Lorsque ce secours est trop foible , relativement à l’éloignement des pays où l’on veut envoyer les prickas, on renonce à les y faire parvenir en vie : on a recours au moyen dont nous avons parlé en traitant de la lamproie ; on les fait griller, et on les renferme dans des tonneaux avec des épices et du vinaigre.
Exposées aux poursuites des mêmes ennemis que la lamproie, elles sont d’ailleurs recherchées non seulement pour la nourriture de l’homme , comme ce dernier pétromyzon, mais encore par toutes les grandes associations de marins qui vont à la pêche de la morue, du turbot, et d'autres poissons, pour lesquels ils s’en servent comme d’appât; ce qui suppose une assez grande fécondité dans cette espèce, dont les femelles contiennent en effet un très grand nombre d'œufs.
1. Histoire des cyprins, et Histoire naturelle des poissons, par
Bloch.
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LE PÉTROMYZON LAMPROYON".
- Petromyzon branchialis, Guer.. Lacer. — Ammocætes branchialis, Cuv.
Sr la lamproie est le pétromyzon de la mer, et la pricka celui des lacs, le lamproyon est véritablement
*. Lamprillon et chatillon, dans plusieurs départements méridioaux de France.
Sept-œil, dans plusieurs départements du nord.
Blind lamprey, dans plusieurs cantons de l'Angleterre.
Lamproie branchiale, Daubenton, Encyclopédie méthodique.
« Petromyzon corpore annuloso , appendicibus utrinque duobas in » margine oris. » Artedi, gen. 42, syn. 90.
Petromyzon branchialis. Lin-aehl, Linn., Faana suecica, 292.
Id., Wulff, Ichth. borus., p. 15, r. 20.
Vas-igle ; Müller, predrom. Zool. dan., p. 57, n. 507, b. a
Uh-len, Kramer, elench., p. 485.
« Petromyzon corpore annalato, ore lobato. » Bloch, 3, pl. 86, fig. 2.
Lamproie branchiale, Bonnaterre , planches de l'Encyclopédie.
Petromyzon, Gronov. Zoophyt. > p- 68, n. 160.
Id., Klein, miss. pise. 5, p. 50, n. 4.
Mustela fluviatilis min., Belon, Aquat., p. 75.
Lampetr& parva et fluviatilis , Gesner, Aquat., p. 589, icon. anim, p. 286, thierb., p. 159, b.
Lampetra minima, Aldrovand., p. 539.
Lampern, or pride of the Isis, Willughby, Ichth., p. 104.
Lampetra cæca, id., tab. g. 5, fig. 1.
Id., Ray, synops. pisc., p. 99, n. 2, À.
le pétromyzon des fleuves et des rivières. Il ne les quitte presque jamais, comme la pricka et la lamproie, pouraller passer la saison du froid dans le fond des lacs ou dans les profondeurs de la mer. Ce n’est pas seulement pour pondre ou féconder ses œufs qu'il se trouve au milieu des eaux courantes; il passe toute l’année dans les rivières où dans les fleuves; il y exécute toutes les opérations auxquelles son organisation l’appelle; il ne craint pas de s’y exposer aux rigueurs de l’hiver; et s'il s’y livre à des courses plus ou moins longues, ce n’est point pour en abandonner le séjour, mais seulement pouren parcourir les différentes parties, et choisir les plus analogues à ses goûts et à ses besoins. Aussi mériteroit-il lépithète de fluviatile bien mieux que la pricka, à laquelle cependant elle a été donnée par un grand nombre de naturalistes, mais à laquelle nous avons cru d'autant plus devoir l’ôter, qu'en lui conservant le nom de Pricka, nous nous sommes conformés à l’usage des habitants d’un grand nombre de contrées de l’Europe, et à l'opinion de plusieurs auteurs très récents. Pour ne pas introduire cependant une nouvelle confusiondans la nomenclature des poissons; nous n'avons pas voulu donner le nom de fluviatile au pétromyzon qui nous occupe, et nous avons préféré de le désigner par celui
Lampetra , neunauge , Jonston, tab. 28, fig. 10.
The pride, Pennant, Brit. Zool. 5, p. 301, pl 8, fig. 3.
Lamproyon et Lamprillon, Rondelet, Histoire des poissons, pl. 2, p- 202.
Querder, Selamquerder, Schwenckf., theriotr. siles., p. 423.
Der kieferwurm, Muller, 1. s. 3, p. 234.
Pride, Plot. Oxfordsh., p. 182, t. 10.
Lamproyon, Valmont de Bomare, Dictionnaire d'histoire naturelle.
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de lamproyon, sous lequel il est connu dans plusieurs pays el ind?qué dans plusieurs ouvrages.
Ce pétromyzon des rivières est conformé à l’extérieur ainsi qu'à l’intérieur comme celui des mers : mais il est beaucoup plus petit que la lamproie, et même plus court et plus mince que là pricka; il ne parvient ordinairement qu’à la longueur de deux décimètres (un peu plus de sept pouces). D'ailleurs les muscles et les téguments de son corps sont disposés et conformés de manière à le faire paroître come annelé; ce qui lui donne une nouvelle ressemblance avec les serpents et particulièrement avec les amphisbènes et les céciles!. De plus, ce n’est que dans l'intérieur et vers le fond de sa bouche que l’on peut voir cinq ou six dents et un osselet demi-circulaire; ce qui à fait écrire par plusieurs naturalistes que le lamproyon étoit entièrement dénué de dents. Il a aussi le bord postérieur de sa bouche divisé en deux lobes, et les nageoires du dos très basses, et terminées par une ligne courbe, au lieu de présenter un angle. Ses yeux, voilés par une membrane, sont d’ailleurs très petits; et c'est ce qui a fait que quelques naturalistes lui ont donné l’épithète d’aveugle?, en la réunissant cependant, par une contradiction et un défaut dans la nomenclature assez extraordinaires, avec le nom de neuf-yeux (neunauge) employé pour presque tous les pétromyzons*. Le corps très court et très menu du lamproyon est d'un diamètre plus. étroit dans ses deux bouts que dans son milieu,