‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 3)Chapitre 33 sur 113 · SECOND GENRE · texte numérisé non relu

SECOND GENRE

LES GASTROBRANCHES.

Les ouvertures des branchies situées sous le ventre.

ESPÈCES. CARACTÈRES

1. Le GASTROBRANCUE pus pageoire dorsale tres basse, et réunie AVEUGLE. avec celle de la queue.

5 ASTROBRANCHE. : ;

re { Point de nageoire dorsale.

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LE GASTROBRANCHE AVEUGLE”.

Guastrobranchus cœcus, Brocn, Lacer. — Myxine glutinosa, Linn., GMEL.

Les gastrobranches ressemblent beaucoup aux pétromyzons par la forme cylindrique et très allongée de leur corps, par la flexibilité des différentes portions qui le composent, par la souplesse et la viscosité de la peau qui le revêt, et sur laquelle on ne peut apercevoir, au moins facilement, aucune sorte d’écaille. Ils se rapprochent encore des pétromyzons par le défaut de nageoires inférieures et même de nageoires pectorales, par la conformation de leur bouche, par la disposition et la nature de leurs dents; et ils ont surtout de très grands rapports avec ces cartilaginenx par la présence d’un évent au dessus de la tête, et par l’organisation de leurs branchies. Ces organes respiratoires consistent, en effet, ainsi que ceux des pétromyzons, dans des vésicules ou poches, les-

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quelles d’un côté s'ouvrent à l'extérieur du corps, de 1. Myxine glutinosa, Linnée, édition de Gmelin. Faun. suec. 2086.

Mus. Ad. Fr. 1, p. 91, tab, 8, fig. 4.

Siroem. sondm., 1, p. 287.

Act. nidros. 2, p.250, tab. 5.

Mall. Zocl. dan. prodrom. 2755.

O. Fabric. Faun. groenland.. p 344 et 534.

l’autre communiquent avec l'intérieur de la bouche, et présentent de nombreuses rawifications artérielles et veineuses, Îl est donc très aisé, au premier coup d'œil, de confondre les'castrobranches avec les pétromyzons , ainsi que l'ont fait d’habiles naturalistes : en les examinant cependant avec attention, on voit facilement les différences qui les séparent de cette famille. Tous les pétromyzons ont sept branchies de chaque côté; le gastrobranche aveugle n’en a que six à droite et six à gauche, et il est à présumer que le gastrobranche Dombey n'en a pas un plus grand nombre. Dans les pétromyzons, chaque branchie a une ouverture extérieure qui lui est particulière ; dans le gastrobranche aveugle, il n’y a que deux ouvertures extérieures pour douze branchies. Les ouvertures branchiales des pétromyzons sont situées sur les côtés et assez près de la tête ; celles des gastrobranches sont placées sous le ventre. Les lèvres des gastrobranches sont garnies de barbillons ; on n'en voit point sur celles des pétromyzons. Les yeux des pétromyzons sont assez grands; on n’a pas eneore pu reconnoître d'organe de la vue dans les gastrobranches, et voilà pourquoi l’espèce dont nous parlons dans cet article a recu le nom d’aveugle.

On remarquera sans peine que presque tous les traits qui empêchent de réunir les gastrobranches avec les pétromyzons concourent, avec un grand nombre de ceux qui rapprochent ces deux familles, à faire méconnoître la véritable nature des gastrobranches, au point de les retrancher de la classe des poissons, de les placer dans celle des vers, et de les inscrire particulièrement parmi ceux de ces derniers

DES POISSONS. 75 animaux auxquels le nom d’iniestinaux a été donné. Aussi plusieurs naturalistes , et même Linnée , ont-ils regardé les gastrobranches aveugles comme formant une famille distincte, qu'ils ont appelée Myæine, et qui, placée au milieu des vers intestinaux, les repoussoit néanmoins, pour ainsi dire, ne montroit point aux veux les plus exercés à examiner des vers, les rapports nécessaires pour conserver avec convenance la place qu’on lui avoit donnée, dérangeoit en quelque sorte les distributions méthodiques imaginées pour classer les nombreuses tribus d'animaux dénués de sang rouge, et y causoit des disparates d’autant plus frappantes, que ces méthodes plus récentes étoient appuyées sur un plus grand nombre de faits, et par conséquent plus perfectionnées!, Le célèbre ichtyologiste, le docteur Bloch de Berlin, ayant été à même d'observer soigneusement l'organisation de ces gastrobranches, a bientôt vu leur véritable nature ; il les a restitués à la classe des poissons, à laquelle les attache leur organe respiratoire, ainsi que la couleur rouge de leur sang, il a montré qu'ils appartenoient à un genre voisin, mais distinct, de celui des pétromyzons; et il les a fait connoître très en détail dans un mémoire et par une planche enluminée très exacte, qu'il a communiqués à l’Institut de France?. Je ne puis mieux faire que d'extraire de ce mémoire une grande partie de ce qu'il est encore nécessaire de dire du gastrobranche aveugle.

1. Nous pourrions eiter, parmi ces dernières méthodes, le beau travail fait par M. Cuvier sur les animaux dits à sang blanc, et celui de M. Lamarck sur les mêmes animaux.

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