Aristot., Hist. natur., Bb. 1, c
DES POISSONS. 199 peu pointu, est d’ailleurs engagée par derrière dans la cavité de la poitrine. L'ouverture de la bouche, placée dans la partie inférieure de la tête, et même à une distance assez grande de l'extrémité du museau, est allongée et transversale, et ses bords sont cartilagineux et garnis de plusieurs rangs de dents très aiguës et crochues. La langue est très courte, large, et sans aspérités.
Les narines, placées au devant de la bouche, sont situées également sur la partie inférieure de la tête. L'ouverture de cet organe peut être élargie ou rétrécie à la volonté de l'animal, qui, d'ailleurs, après avoir diminué le diamètre de cette ouverture, peut la fermer en totalité par une membrane particulière attachée au côté de l'orifice, le plus voisin du milieu du museau, et laquelle, s'étendant avec facilité jusqu’au bord cpposé, et s’y collant, pour ainsi dire, peut faire l’oflice d’une sorte de soupape, et empêcher que l’eau chargée des émanations odorantes ne parvienne jusqu'à un organe très délicat, dans les moments où la batis n'a pas besoin d’être avertie de la présence des objets extérieurs, et dans ceux où son système nerveux seroit douloureusement affecté par une action trop vive et trop constante. Le sens de l’oderat étant, si l’on peut parler ainsi, le sens de la vue des poissons, et particulièrement de la batis1, cette sorte de paupière leur est nécessaire pour soustraire un organe très sensible à la fatigue ainsi qu’à la destruction, et pour se livrer au repos et au sommeil , de même que l'homme et les quadrupèdes ne pour-