‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 3)Chapitre 43 sur 113 · Discours sur la nature des poissons · texte numérisé non relu

Discours sur la nature des poissons

roient, sans la véritable paupière qu'ils étendent souvent au devant de leurs yeux, ni éviter des veilles trop longues et trop multipliées, ni conserver dans toute sa perfection et sa délicatesse celui de leurs organes dans lequel s'opère la vision.

Au reste, nous avons déjà exposé la conformation de l'organe de l'odorat dans les poissons, non seulement dans les osseux, mais encore dans les cartilagineux, et particulièrement dans les raies. Nous avons vu que, dans ces derniers animaux, l’intérieur de cet organe étoit composé de plis membraneux et

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disposés transversalement des deux côtés d’une sorte de cloison. Ces plis ou membranes aplatis sont garnis, dans la batis, et dans presque toutes les espèces de

. » e. « D raies, d’autres membranes plus petites qui les font paroître comme frangés. Ils sont d’ailleurs plus hauts que dans presque tous les poissons connus, excepté les squales; et, comme la cavité qui renferme ces membranes plus grandes et plus nombreuses, ces sur- Nes faces plus larges et plus multipliées, est aussi plus ! CPL étendue que les cavités analogues dans la plupart des autres poissons osseux et cartilagineux, il n’est pas surprenant que presque toutes les raies, et particulièrement la batis, aient le sens de lodorat bien plus parfait que celui du plus grand nombre des habitants des mers; et voila pourquoi elles accourent de très loin, ou remontent de très grandes profondeurs, pour dévorer les animaux dont elles sont avides.

1. Discours sur la nature des poissons. — La planche qui représente la raie thouin montre aussi d'une manière très distincte l’organisation intérieure de l'organe de F’edorat dans la plupart des raies et des autres

poissons cartilagineux.

L'on se souviendra sans peine de ce que nous avons déjà dit de la forme de l'oreille dans les poissons, et particulièrement dans les raies 1. Nous n'avons pas besoin de répéter ici que Îles cartilagineux, et particulièrement la batis , éprouvent la véritable sensation de l’ouie dans trois petits sacs qui contiennent de petites pierres ou une matière crétacée, et qui font partie de leur oreille intérieure, ainsi que dans ies ampoulies ou renflements de canaux presque circulaires et membraneux, qui y représentent les trois canaux de l’oreiile de l'homme , appelés canaux demi-circulaires. C’est dans ces diverses portions de l'organe de l’ouie que s'épanouit le rameau de la cinquième paire de nerfs, qui, dans les poissons, est le vrai nerf acoustique ; et ces trois canaux membraneux sont renfermés en partie dans d’autres canaux presque circulaires, comme les premiers, mais cartilagineux, et pouvant mettre à l'abri de plusieurs accidents les capaux bien plus mous autour des ampoules desquels on voit s'épanouir le nerf acoustique.

Les yeux sont situés sur la partie supérieure de la tête, el à peu près à la même distance du museau que l'ouverture de la bouche. Ils sont à demi saillants. et garantis en partie par une continuation de la peau qui recouvre la tête, et qui, s'étendant au dessus du olobe de l'œil, forme comme une sorte de petit toit, et ôteroit aux batis la facilité de voir les objets placés verticalement au dessus d’elles, si elle n’étoit souple et un peu rétractile vers le milieu du crâne. C’est cette peau, que l'animal peut déployer ou resserrer,

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