‹ Œuvres du comte de Lacépède (volume 3)Chapitre 45 sur 113 · Discours sur la nature des poissons · texte numérisé non relu

Discours sur la nature des poissons

DES POISSONS. 201 peuvent exercer, ainsi que nous l'avons exposé, une action d'autant plus grande sur le fluide qui les arrose, que la surface présentée par les feuillets des branshies, et sur laquelle ils sont disséminés, est très grande dans tous les poissons, à proportion de l'étendue de leur corps. En effet, les raies ne sont pas les poissons dans lesquels les membranes branchiales offrent ja plus grande division, ni par conséquent le plus grand développement; et cependant . très ie a LUntes L res Mouro d’Édimbourg, a trouvé que la surface de ces feuillets, dans une raie batis de grandeur médiocre, étoit égale ‘à celle du corps humain. Au reste, la partie extérieure de ces branchies, ou, pour mieux dire, des feuillets qui les conposent, au lieu d’être isolée relativement à la peau, ou au bord de la cavité qui lavoisine, comme le sont les branchies du plus grand nombre de poissons et particulièrement des osseux, est assujettie à cette même peau ou à ce mème bord par une membrane très mince. Mais cette membrane est trop déliée pour nuire à la respiration, el peut tout au plus en modifier les opérations d’une manière analogue aux habitudes de la batis.

Cette raie a deux nagcoires ventrales placées à la suile des nageoires pectorales, auprès et de chaque côté de l'anus, que deux autres nageoires, auxquelles nous donnerons le nom de nageoires de l'anus, touchent de plus près, et entourent, pour ainsi dire. Il en est de même environné de manière à paroître situé, en quelque sorte, au milieu d’une seule nageoire qu'il auroit divisée en deux par sa posilion , et que plusieurs naturalistes ont nommée en effet, au sin-

gulier, nageoire de l'anus. Mais ces nageoires, tant de Fanus que ventrales, au lieu d’être situées perpendiculairement ou très cbliquement, comme dans ia plupart des poissons, onl une situation presque entièrement horizontale, et semblant être, à certains égards, une continuation des nageoires pectorales, servent à terminer la forme de losange très aplati que présente l’ensemble du corps de la batis.

De plus, la nageoire ventrale et celle de l’anus, que l'on voit de chaque côté du corps, ne sont pas véritablement distinctes l’une de l’autre. On reconnoiît, au moins le plus souvent, en les étendant, qu'elles ne sont que deux parties d’une même nageoire, que la même membrane les revêt, et que la grandeur des rayons, plus longs communément dans la portion que l'on a nommée ventrale, peut seule faire connoître où commence une portion et où finit l’autre. On devroit donc, à la rigueur, ne pas suivre l'usage adopté par les naturalistes qui ont écrit sur les raies, et dire que la batis n'a pas de nageoires de l'anus, mais deux longues nageoires ventrales qui environnent l'anus par ieurs extrémités postérieures.

Entre la queue et ces nageoires ventiraies et de l'anus, on voit dans les mâles des batis , et de chaque côté du corps, une fausse nageoire, ou plutôt ur long appendice, dont nous devons particulièrement au professeur Bloch, de Berlin, de connoître l’organisation précise et le véritable usage. Les nageoires ventrales et de l’anus, quoique beaucoup plus étroites et moins longues que les pectorales, sont cependant

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