Osphronemus olfux. Commersor , manuscrits déjà cités
Poisson gouramie, ou gouramy. ( Il faut observer que ce nom de poisson gouramie, Où gouramy, Ou goramy, a été aussi donné, dans le grand Océan , au trichopode mentonnier ).
M. Cossigny!. On l’avoit d’abord élevé dans des viviers ; et il s’étoit ensuite répandu dans les rivières, où il s’étoit multiplié avec une grande facilité, et où il avoit assez conservé toutes ses qualités pour être , dit Commerson, le plus recherché des poissons d’eau douce. Il seroit bien à désirer que quelque ami des sciences naturelles , jaloux de favoriser l’accroissement des objets véritablementutiles, se donnât le peu de soins nécessaires pour le faire arriver en vie en France, l'y acclimater dans nos rivières, et procurer ainsi à notre patrie une nourriture peu chère, exquise, salubre , et très abondante.
Voyons quelle est la conformation de cet osphronème goramy. |
Le corps est très comprimé et très haut. Le dessous du ventre et de la queue et la partie postérieure du dos présentent une carène aiguë. Cette même extrémité postérieure du dos montre une sorte d'échancrure qui diminue beaucoup la hauteur de l’animal, à une petite distance de la nageoire caudale ; et lorsqu'on n'a sous les yeux qu’un des côtés de cet osphronème , on voit facilement que sa partie inférieure est plus arrondie, et s'étend au dessous du diamètre longitudinal qui va du bout du museau à la fin de la
1.« Devectus e Sina, educatus primum in piscinis, etc. » Manuscrits de Commerson.
« Le poisson n'est pas extrêmement commun dans le Bengale, Il y » a beaucoup d’étangs dans le pays. On pourroit en former des viviers. » Il seroït à propos d'y transplanter le Goramy, cet excellent poisson » que nous avons transporté de Batavia à l'Ile de France, et qui s'y est » naturalisé. » Voyage au Bengale, etc.. par M. Charpentier-Cossigny, tome TI, page 181.
206 HISTOIRE NATURELLE queue, beaucoup plus que sa partie supérieure ne s'élève au dessus de ce même diamètre.
De larges écailles couvrent le corps, la queue, les opereules et la tête; et d’autres écailles plus petites revêtent une portion assez considérable des nageoires du dos et de l’anus. Le dessus de la tête, incliné vers le museau, offre d’ailleurs deux légers enfoncements. La mâchoire supérieure est extensible ; l’inférieure plus avancée que celle d'en haut : toutes les deux sont garniés d’une double rangée de dents ; le rang extérieur est composé de dents courtes et un peu recourbées en dedans; l’intérieur n’est formé que de dents plus petites et plus serrées.
On aperçoit une callosité au palais ; la langue est bianchâtre, retirée, pour ainsi dire, dans le fond de la gueule, auquel elle est attachée ; les orifices des narines sont doubles ; chaque opercule est formé de deux lames, dont la première est excavée vers le bas par deux ou trois petites fosseites , et dont la seconde s’'avance' en pointe vers les nageoires pectorales, et de plus est bordée d’une membrane.
On aperçoit dans l’intérieur de la bouche, et au dessus des branchies, une sorte d’os ethmoïde, /abyrinthiforme , pour employer l’expression de Commerson , et placé dans une cavité particulière. L'usage