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DES POISSONS. 51 lumière qui peut pénétrer jusqu'à ces osseux, présente souvent des couleurs vives , des taches brillantes et régulières, des raies ou des bandes variées dans leurs nuances, pendant que le côté inférieur, auquel il ne parvient que des rayons réfléchis, n'offre qu’une teinte pâle et uniforme. Cette diversité est même moins superficielle qu'on ne le croiroit au premier coup d'œil ; et les écailles d’un côté sont quelquefois très différentes de celles de l’autre, non seulement par leur grandeur, mais encore par leur forme et par la nature de la matière qui les compose. Ces faits ne sont-ils pas des preuves remarquables des principes que nous avons cherché à établir, en traitant de la coloration des poissons, dans notre premier Discours sur ces animaux ?
Pour mieux ordonner nos idées au sujet des pleuronectes , et pour les distribuer dans l’ordre qui nous a paru le plus convenable, nous en avons d’abord séparé les espèces qui sont entièrement dénuées de nageoires pectorales, et par conséquent privées des organes que l’on a comparés à des bras. Nous avons formé de ces espèces un genre particulier, et nous leur avons conservé le nom collectif d’Achire, qui signifie sans main.
Nous avons ensuite placé dans deux groupes diflérents les pleuronectes qui ont leurs deux yeux à droite, et ceux qui les ont à gauche; et nous avons suivi, en adoptant cette division, non seulement les idées des naturalistes modernes, mais encore celles des anciens, et particulièrement de Pline!, qui ont très bien dis-