AU PROPAGATEUR DE LTIISTOIRE NATURELLE ET DE LA PHYSIQUE VÉGÉTALE
AU bienfaiteur DES CAMPAGNES;
A l/lIOMME JUSTE, l’aMI CONSTANT, LE VÉRITABLE SAGE, • A L’ILLUSTRE COMPAGNON DE BUFFON;
A DAÜBEMTOIV,
PAR LA VÉNÉRATION, L’AfdlTIÉ FIDÈLE, ET LA TENDRE
RFCONNOLSSANCE.
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DISCOURS
SlUl LA DUREE
La Nature comprend l’espace, le temps, et la matière.
L’espace et le temps sont deux immensités sans bornes , deux infinis que l’imagination la plus élevée ne peut entrevoir, parce qu’ils ne lui présentent ni commencement ni fin. La matière les soumet à l’empire de l’intelligence. Elle a une forme; elle circonscrit donc l’espace. Elle se meut; elle limite donc le temps. La pensée mesure l’étendue ; l’attention compte les intervalles de la durée , et la science commence.
Mais si la matière en mouvement nous apprend à connoîtrc le temps, que la durée nous dévoile la suite des mouvemens de la matière ; qu’elle nous révéle ses cliangemens; qu’elle nous montre surtout les modifications successives de la matière organisée, vivante, animée et sensible ; qu’elle en éclaire les admirables métamorphoses; que le passé nous serve à compléter l’idée du présent.
Tel éloit le noble objet de la méditation des sages, dans ces contrées fameuses dont le nom seul réveille tant de brillans souvenirs, dans celte Grèce poétique, riieurcusc patrie de l’imagination, du talent et du génie.
Lorsque l’automne n’exerçoit plus qu’une douce influence , que les zépliyrs légei s balançoient seuls une atmosphère qui n’étoit plus embrasée par les feux dévorans du midi , et que les fleurs tardives n’embellissoient que pour peu de temps la verdure qui bientôt devoit aussi cesser de revêtir la terre , ilsalloient, sur le sommet d’un promontoire écarté, jouir du calme de la solitude, du charme de la contenaplation, et de l’heureuse et cependant mélancolique puissance d’une saison encore belle prés de la fin de son régne enchanteur.
Le soleil étoit déjà descendu dans l’onde ; ses rayons ne doroient plus que le sommet des montagnes ; le jour alloit finir ; les vagues de la mer, mollement agitées, vepoient expirer doucement sur la rive ; les