‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 108 sur 731 · SUR LA DURÉE · texte numérisé non relu

SUR LA DURÉE

quelle est la série nalurelle de ses altéralions, et reconnoître la succession clans laquelle ces dégradations paroissent le plus liées les unes aux autres, nous trouverons que Pespéce descend vers la Ihi de sa durée par une échelle composée de douze degrés principaux.

Nous verrons au premier de ces degrés les modifications qu’éprouvent les tégumens dans leur contexture et dans les ramifications des vaisseaux qui les arrosent, au point d’influer sur la faculté de réfléchir ou d’absorber la lumière , et de changer par conséquent le ton ou la disposition des couleurs.

Ces modifications peuvent être plus grandes; et alors les tégumens, variant nonseulement dans les nuances dont ils sont peints, mais encore dans leur nature , offrent le second degré de la dégénération de l’espèce.

Le changement de la grandeur et celui des proportions offertes par les dimensions constituent le troisième et le quatrième degré de l’échelle.

Au cinquième degré, nous plaçons les altérations des formes extérieures ; au sixième, celles des organes intérieurs; et nous trouvons au septième l’alfoiblissement ou l’exaltation de la sensibilité dans les êtres qui en sont doués. Nous y découvrons par conséquent toutes les nuances de perfection ou d’hébêtation que peuvent montrer le tact et le goût , ces deux sens nécessaires à tout être animé ; et nous y voyons de plus toutes les variétés qui résullent de la présence ou de l’absence de l’odorat, de la vue et de l’ouïe , et de toutes les diversités d’intensité -que peuvent offrir ces trois sens moins essentiels à l’existence de l’animal.

Les qualités qui proviennent de ces grandeurs, de ces dimensions, de ces formes,

‘ de ces combinaisons de sens plus ou moins actifs et plus ou moins nombreux appartiennent au huitième degré; la force et la puissance que ces qualités font naître constituent par leurs variations le neuvième degré dé l’échelle des altérations que nous voulons étudier; et lorsque l’espèce parcourt, pour ainsi dire, le dixiéme , le onzième et le douzième degré de sa durée , elle oflfre des modifications successives , d’abord dans ses habitudes, ensuite dans I les mœurs , qui se composent de l’influence des habitudes les unes. sur les autres, et enfin dans l’étendue et la nature de son sé- , jour sur le globe.

Lorsque les causes qui produisent celte

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