‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 135 sur 731 · Le xiPuiAs · texte numérisé non relu

Le xiPuiAs

ÉPÈE.

CARACTERES

f La prolongation du mu- \ seau, convexe par-de.s- 1 sus, nun-sillonnée, et \ émoussée sur ses bords.

LE XÎPIEAS ESPADON ■.

Voici un de ces géans de la mei-, de ces émules de plusieurs cé lacées dont ils ont reçu le nom , de ces dominateurs de l’Océan qui réunissent une grande force à des dimensions très-étendues. Au premier aspect, le xiphias espadon nous rappelle les grands acipensères, on plutôt les énormes squales et même le terrible requin. 11 est l’analogue de ces derniers; il tient parmi les osseux une place semblable à celle que les squales occupent parmi les cartilagineux ; il a reçu comme eux une grande taille , des muscles vigoureux , un corps agile, une arme redoutable, un courage intrépide , tous les attributs de la puissance ; et cependant tels sont les résultats de la différence de ses armes à celles du requin et des autres squales , qu’abusant bien moins de son pouvoir, il ne porte pas sans cesse autour de lui , comme ces derniers , le carnage et la dévastation.

Lorsqu’il mesure ses forces contre les grands habitans des eaux , ce sont plutôt des ennemis dangereux pour lui qu’il repousse, que des victimes qu’il poursuit. Il SC contente souvent , pour sa nourriture, d’algues et d’autres plantes marines; et bien loin d’attaquer et de chercher à dévorer les animaux de son espèce 5^^ il se plaît avec eux ; il aime surtout à suivre sa femelle , lors même qu’il n’obéit pas à ce be-

I. Swavclfisli , on Suède; sword fish , en Angleterre; pesce spado j, emperador, eu Italie,

soin passager, mais impérieux, que ne peut vaincre la plus horrible férocité. Jl paroît donc avoir et des habitudes douces et des affections vives. On peut lui supposer une assez grande sensibilité ; et si l’on doit comparer le requin au tigre, le xiphias peut être considéré comme l’analogue du lion.

Mais les effets de son organisation ne sont pas seuls remarquables ; sa forme est aussi trés-digne d’attention. Sa tête surtout frappe par sa conformation singulière. Les deux os de la mâchoire supérieure se prolongent en avant , se réunissent , et s’étendent de manière que leur longueur égale à peu prés le tiers de la longueur totale de l’animal. Dans cette prolongation, leur matière s’organise de manière à présenter un grand nombre de petits cylindres , ou plutôt de petits tubes longitudinaux ; ils forment une lame étroite et plate, qui s’amincit et se réti’écit de plus en plus jusqu’à son extrémité , et dont les bords sont tranchans comme ceux d’un espadon ou d’un sabre antique. Trois sillons longitudinaux régnent sur la surface supérieure de cette longue lame, au bout de laquelle parvient celui du milieu; et l’on aperçoit un sillon semblable sur la face inférieure de cette même prolongation. Une extension de l’os frontal triangulaire , pointue et très-allon gée, concourt à la formation de la face supérieure de la lame , en s’étendant entre les deux os maxillaires, au moins vers le tiers de la longueur de cette arme; et sur la face inférieure de cette lame osseuse , on voit une extension analogue et également

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