‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 136 sur 731 · PL · texte numérisé non relu

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' L ILE XllFeilAS ESFAUDOMo S. llFALfAMMUC^TO MW.

LE STOMATE® FAEHJ.

LE XIPÎliAS ESPADON.

triangulaire des os palalins s’avancer entre les deux os maxillaires, mais moins loin que Fexlension pointue de Fos frontal. Ce sabre à deux tranchans est d’ailleurs revêtu d’une peau légèrement chagrinée.,

La mâchoire inférieure est pointue pardevant ; et sa longueur égalant le tiers de la longueur de la lame tibulée, c’est-à-dire, le neuvième de la longueur totale de Fanimal, il n’est pas surprenant que Fouvertnre de la bouche soit grande; ses deux bords sont garnis d’on nombre considérable de petits tubercules très-durs , ou plutôt de petites dents tournées vers le gosier, auprès duquel sont quelques os hérissés de pointes, La langue est forte et libre clans ses mouvemens. Les yeux sont saillans , et Firis est verdâtre.

L’espadon a d’ailleurs le corps et la queue très-allongés. L’orifice des branchies est grand, et son opercule composé de deux pièces ; sept ou huit rayons soutiennent la membrane branchiale. Les nageoires sont en forme de fau.x, excepté celle de la queue, qui est en croissant L Une membrane adipeuse placée au-dessous d’une peau mince couvre tout le poisson.

La ligne latérale est poinîilléc de noir : celte même couleur règne sur le dos de Fanimal , dont la partie inférieure est blanche. Les nageoires pectorales sont Jaunâtres ; celle du dos est brune ; et toutes les autres présentent un gris cendré.

L’espadon habile dans un grand nombre de mers. Ôn le trouve dans FOcéan. d’Europe, dans la Méditerranée, et jusque dans les mers australes. On le rencontre aussi entre l’Afrique el l’Amérique : mais. dans ces derniers parages, sa nageoire du dosparolt être constamment plus grande et tachetée; et c’est aux espadons, qui, par les dimensions et les couleurs de leur nageoire dorsale, composent une variété plus ou moins durable, que l’on doit, ce me semble , rapporter le nom brésilien de guebiicu.

Les xiphias espadons ont des muscles tiôs-puissans ; leur intérieur renfenne de plus une grande vessie natatoire ; ils nagent avec vitesse ; ils peuvent atteindre avec facilité de très-grands liabitans de* la mer. Parvenus quelquefois à la longueur de plus de sept mètres , frappant leurs eii-

I, A la nageoire du dos. . . «

à chacune des pectorales. .

à celle de l’anus. ....

à celle de la queue., ,

Lackpède, II,

42 rayons,

nemis avec un glaive pruntu et tranchant de plus 'de deux mètres, ils mettent en fuite, ou combattent avec avantage, les jeunes et les petits cétacées, dont les tégomens sont aisément traversés par leur arme osseuse, qu’ils poussent avec violence, qu’ils précipitent avec rapidité , et dont ils accroissent la puissance de toute celle de leur masse et de leur vitesse. On a écrit que dans les mers dont les côtes sont peuplées d’énormes crocodiles, ils savoient se placer avec agilité au-dessous de ces animaux cuirassés, -et leur percer le ventre avec adresse à l’endroit où les écailles sont le moins épaisses et Is moins fortement at tachées. On pourroit meme , à la rigueur, croire, avec Pline, que lorsque leur ardeur est exaltée, que leur instinct est troublé, ou qu’ils sont le jouet de vagues furieuses qui les roulent et les lancent, ils se jettent avec tant de force contre les bords des embarcations, que leur arme se brise, et que la pointe de leur glaive pénétre dans l’épaisseur du bord, et y demeure attachée, comme on y a vu quelquefois également implantés des fragmens de l’arme dentelée du squale scie , ou de la dure défense du narval.

Malgré cette vitesse , cette vigueur, cette adresse, cette agilité, ces armes, ce pouvoir, Fespadon se contente souvent, ainsi que nous venons de le dire, d’une nourriture purement végétale. 11 n’a pas de grandes dents incisives ni îanîaires ; et les rapports de l’abondance et de la nature de ses sucs digestifs avec la longueur et la forme de son canal intestinal sont tels qu’il préfère fréquemment aux poissons qu’il pourroit saisir, des algues et d’autres plantes marines : aussi sa chair est-elle assez communément bonne à manger, et même très-agréable au goût; aussi, lorsque la présence d’un ennemi dangereux ne le coniraint pas à faire usage de sa puissance , a-t-il des habitudes assez douces. On ne lé rencontre presque jamais seul ; lorsqu’il voyage, c’est quelquefois avec un compagnon, et presque toujours avec une compagne ; et cette association par paires prouve d’autant plus que les espadons sont susceptibles d’affection les uns pour les autres, qu’on ne doit pas supposer qu’ils sont réunis pour atteindre la même. proie ou éviter le même ennemi, ainsi qu’on peut le croire de Fassembîage désordonné d’un trèsgrand nombre d’animaux. Un sentiment différent de la faim ou de la crainte peut seul, eo produisant une sorte de choix,

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faire naître et conserver cet arrangement deux à deux; et de plus leur sensibilité doit être considérée comme assez vive , puisque la femelle ne donne pas le jour à des petits tout formés , que par conséquent il n’y a pas d’accouplement dans cette espèce , que celte même femelle ne va déposer ses œufs vers les rivages de l’Océan que lors de la fin du printemps ou au commencement de l’élé, et que cependant le mâle suit fidèlement sa compagne dans toutes les saisons de l’année.

La saveur agréable et la qualité trèsnourrissante de la chair de l’espadon font que dans plusieurs contrées on le pêche avec soin. Souvent la recherche qu’on fait de cet animal est d’autant plus infructueuse, qu’avec son long sabre il déchire et met en mille pièces les filets par le moyen desquels on a voulu le saisir. Mais d’autres fois, et dans certains temps de l’année, des insectes aquatiques s’attachent à sa peau audessous de ses nageoires pectorales, ou dans d’autres endroits d’où il ne peut les faire tomber , malgré tous ses efforts ; et quoiqu’il se frotte contre les algues, le sable ou les rochers , ils se cramponnent avec obstination , et le fout souffrir si vivement, qu’agité, furieux, en délire comme le lion et les autres grands animaux terrestres sur lesquels se précipite la mouche du désert, il va au devant du plus grand des dangers, se jette au milieu des filets, s’élance sur le rivage, ou s’élève au-dessus de la surface de l’eau , et retombe jusque dans les barques des pêcheurs.

LE XIPHIAS ÉPÉE.

La description de cette espèce n’a encore été publiée par aucun naturaliste. Nous n’avons vu de ce poisson que la partie antérieure de la tête : mais comme c’est dans cette portion du corps que sont placés les caractères distinctifs des xiphias, nous avons pu rapporter l’épée à ce genre; et comme d’ailleurs cette même partie antérieure ne nous a pas seulement présenté les formes particulières à la famille dont nous nous occupons, mais nous a montré de plus des traits remarquables et trés-différens de ceux de l’espadon , nous avons du séparer de cette dernière espèce l’animal auquel avoit appartenu cette portion, et nous avons donné le nom d'épée a ce xiphias encore inconnu.

Fpici les grimdes diflérenccs qui distia-

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