‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 252 sur 731 · A la membrane des branchies · texte numérisé non relu

A la membrane des branchies

7 r avons.

à la première nageoire du dos.

à la seconde

à chacune des pectorales. .

à chacune des thoracines. .

à celle de l’anus-

à celle de la queue. ....

â l’extérieur une belle couleur d’argent.

La première nageoire dorsale s’élève au-dessus du sillon longitudinal, dans lequel l’animal peut la coucher ; et elle s’avance comme une faux vers la queue.

La seconde, presque entièrement semblable à celle de l’anus , au-dessus de laquelle on la voit, par sa rigidité, ses dimensions , sa figure et sa couleur, est petite et souvent rougeâtre ou dorée.

Les petites nageoires du dessus et du dessous de la queue sont triangulaires , et au nombre de huit ou neuf dans le haut , ainsi que dans le bas. Ce nombre paroît être très-constant dans les individus de l’espèce que je décris, puisque Commerson assure l’avoir toujours trouvé, et cependant avoir examiné plus de vingt germons.

La nageoire de la queue , découpée comme un croissant , est assez grande pour que la distance , en ligne droite , d’une extrémité du croissant à l’autre , soit quelquefois égale au tiers de la longueur totale de l’animal. Le thon a également , et de même que presque tous les scombres , une nageoire caudale très - étendue ; et nous avons vu , dans l’article précédent , les effets très-curieux qui résultent de ce développement peu ordinaire du prin« cipal instrument de natation.

La ligne latérale , fléchie en divers sens jusqu’au dessous de la seconde nageoire du dos, tend ensuite directement vers le milieu de la nageoire caudale.

On voit enfin, de chaque côté de la queue , la peau s’élever en forme de carène longitudinale ; et cette forme est donnée à ce tégument par un cartilage qu’il recouvre , et qui ne contribue pas peu à la rapidité avec laquelle le gérmon s’élance au milieu ou à la surface des eaux.

J etons maintenant un coup d’œil sur la conformation intérieure de ce scombre.

Le cœur est triangulaire , rougeâtre, assez grand, à un seul mais très-petit ventricule ; l’oreillette grande et trés-rouge ; le commencement de l’aorte blanchâtre, et en forme de bulbe ; le foie d’un rouge pâle, trapézoïde , convexe sur une de ses surfaces, hérissé de pointes vers une extrémité, garni de lobules à l’extrémité opposée , creusé à l’extérieur par plusieurs ciselures, et composé à l’extérieur de tubes vermiculaires, droits, parallèles les uns aux autres, et exhalant une humeur jaunâtre par des conduits communs ; la rate allongée comme une languette, noirâtre, et suspendue sous le côté droit du foie ; la vésicule 4u

LE SCOMBRE GERMON

fiel conformée presque comme un lombric, plus grosse par im bout que par l’autre , égale on longueur au tiers de la longueur totale du poisson , appliquée contre la rate, et remplie d’un suc très-vert; l’estomac sillonné par des rides longitudinales; le canal intestinal deux fois replié ; le péritoine brunâtre ; et la vessie natatoire longue, large, attachée au dos et argentée.

Commerson a observé le germon dans le grand Océan austral, improprement appelé mer Pacifique, vers le vingt-septième degré de latitude méridionale , et le cent troisième de longitude.

Il vit pour la première fois cette espèce de scombre dans le voyage qu’il fit sur cet océan, avec notre célèbre navigateur et mon savant confrère Bougainville. Une troupe très -nombreuse d’individus de cette espèce de scombre entoura le vaisseau que montoit Commerson, et leur vue ne fut pas peu agréable à des matelots et à des passagers fatigués par l’ennui et les privations inséparables d’une longue navigation. On tendit tout de suite des cordes garnies d’hameçons ; et on prit très - promptement un grand nombre de ces poissons, dont le plus petit pesoit plus d’un myriagramme , et le plus gros plus de trois. A peine ces thoracins étoient-ils hors de l’eau , qu’ils mouroient au milieu des tremblemens et des soubresauts. Les marins, rassasiés de l’aliment que ces animaux leur fournirent , cessèrent d’en prendre : mais les troupes de germons, accompagnant toujours le vaisseau , furent , pendant les jours suivans , l’objet de nouvelles pêches, jusqu’à ce que , les matelots se dégoûtant de cette sorte de nourriture , les pêcheurs manquèrent aux poissons, dit le voyageur naturaliste , mais non pas les poissons aux pêcheurs. Le goût de la chair des germons étoit très-agréable , et comparable à celui des thons et des bonites; nt quoique les matelots en mangeassent jusqu’à satiété ,' aucun d’eux n’en éprouva l’incommodité la plus légère.

Commerson ajoute q ce qu’il dit des germons une observation générale que nous croyons utile de rapporter ici. Il pense que tous les navires ne sont pas également suivis par des colonnes de scombres ou d’autres poissons analogues à ces légions de germons dont nous venons de parler; il assure même qu’on a vu , lorsque deux ou plusieurs vaisseaux voguoient de conserve, les poissons ne s’attacher qu’à un seul de cesbâtimeas, ne Je jamais quitter pour al-

1er vers les autres , et donner ainsi à cé bâtiment favorisé une sorte de privilège exclusif pour la pêche. Il croit que cettê préférence des troupes de poissons pour un navire dépend du plus ou moins dé subsistance qu’ils trouvent à la suite de ce vaisseau , et surtout de la saleté ou de l’état extérieur du bâtiment au-dessous de sa ligne de flottaison. Il lui a semblé que les navires préférés étoient ceux dont la carène avoit été réparée le plus anciennement , ou qui venoient de servir à de plus longues navigations : dans les voyages de long cours , il s’attache aux vaisseaux , des fucus , des goémons , des corallines , des •pinceaux de mer, et d’autres plantes ou animaux marins qui peuvent servir à nour^ rir les poissons et doivent les attirer avec force. Au reste, Commerson remarque, ainsi que nous l’avons observé à l’article du thon , que , parmi les causes qui entraînent les poissons auprès d’un vaisseau, il faut compter l’ombre que le corps du bâtiment et sa voilure répandent sur la mer ; et dans les climats trés-chauds , on voit , dit-il , pendant la plus grande chaleur du jour, ces animaux se ranger dans la place plus ou moins étendue que le navire couvre de son ombre.

LE SCOMBRE THAZARD

Ce nom de thazar-d a été donné à des ésoces , à des dupées , et à d’autres scombres que celui dont nous allons parler : mais nous avons cru devoir, avec Gommerson, ôter cette dénomination à toute espèce de scombre, excepté à celle que nous allons faire connoître. La description de ce poisson n’a encore été publiée par aucun naturaliste. Nous avons trouvé, dans les papiers du célèbre compagnon de Bougainville , une figure de ce thazard , que nous avons fait graver, et une notice des formes et des habitudes de ce thoracin , de laquelle nous nous sommes servi pour composer l’article que nous écrivons.

La grandeur du thazard tient le milieu entre celle de la bonite et celle du maquereau; mais son corps, quoique trésmusculeux, est plus comprimé que celui du maquereau , ou celui de la bonite.

Sa couleur est d’un beau bleu sur la tête, •le dos, et la portion supérieure des parties latérales; elle se change en nuances argeja-

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