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LK SCOMBRE THAZAUD. ni
autres scombres de la même espèce s’élançoient, à plusieurs reprises, à la surface des eaux , et derrière le navire , poiu- y saisir les petits poissons qui suivoient ce bâtiment.
Le goût de cet individu parutàConimerson aussi agréable que celui de la bonite ; mais la chair de la bonite est trés- J)]anclie , et celle de ce thazard étoit jaunâtre. Nous allons voir, dans l’article suivant , les grandes différences qui séparent ces deux espèces l’ime de l’autre.
LE SCOMBRE BONITE
La bonite a été aussi appelée pélamîdc ; mais nous avons dû préférer la première dénomination. Plusieurs siècles avant Pline, les jeunes thons qui n’avoient pas encore atteint Page d’un an étoient déjà nommés j)clamides ; et il faut éviter tout ce qui peut faire confondre une espèce avec une autre. D’ailleurs, ce mot pélamide, employé par plusieurs des auteurs qui ont écrit sur î’hisloire naturelle , est à peine connu des marins , tandis qu’il n’est presque aucun récit de navigation lointaine dans lequel le nom de bonite ne se retrouve fréquemment. Avec combien de sensations agréables ou fortes cette expression n’est-cllc donc pas liée ! Combien de fois n’a-t-elle pas frappé l’imagination du jeune homme avide de travaux, de découvertes et de gloire, assis sur un promontoire escarpé, dominant sur la vaste étendue des mers, parcourant l’immensité de l’Océan par sa pensée, et suivant autour du globe, par ses désirs enflammés^ nos immortels navigateurs! Combien de fois la mémoire fidèle ne l’a-t-elle pas retracée au marin intrépide et fortuné , qui, forcé par l’âge de ne plus chercher la renommée sur les eaux, rentré dans le port paré de scs trophées, contemplant d’un rivage paisible l’empire des orages qu’il a si souvent affrontés, rappelle à son âme satisfaite le charme des espaces franchis, des fatigues supportées, des obstacles écartés, des périls surmontés, des plages découvertes, des vents enchaînés , des tempêtes domptées ! Combien de fois n’a-t-elle pas ému , dans le silence d’une retraite champêtre , le lecteur paisible , mais sensible , que le besoin heureux de s’instruire , ou l’envie de répandre les plaisirs variés de
d. Bonnet; pélamide.
LACKPf.DE, II.
l’occupation de l’esprit sur la monotonie de la solitude, sur le calme du repos, sur l’ennui du désœuvrement, attachent, pour ainsi dire, et par une sorte d’enchantement irrésistible, sur les pas des hardis voyageurs! Que de douces et de vives jouissances! Et pourquoi laisser échapper un seul des moyens de les reproduire , de les multiplier, de les étendre , d’en embellir l’étude de la science que nous cultivons.
Cette bonite dont le nom est si connu est cependant encore assez mal connue elle-même ; heureusement Commerson , qui l’a observée en habile naturaliste, dans ses formes et dans ses habitudes , nous a laissé dans ses manuscrits de quoi compléter rimago de ce scombre.
L’enseml)le formé par le corps et la queue de l’animal, musculeux, épais et pesant, finit par derrière en cône. Le dessus de la tôle, le dos, les nageoires supérieures, sont d’un bleu noirâtre; les côtés sont bleus; la partie inférieure est d’un blanc argentin : quatre raies longitudinales un peu larges, et d’un brun noirâtre, s’étendent de chaque côté au-dessous de la ligne latérale, et sur ce fond que nous venons d’indiquer comme argenté, et que Commerson a vu cependant brunâtre dans quelques individus ; les nageoires ihoiacines sonf brunes; celle de l’anus est atgenlée ; l’intérieur de la gueule est noirâtre ; et ce qui est assez remarquable , c’est que l’iris , le dessous de la tcle , et même la langue, paroissent, suivant Commerson , revêtus de l’éclat de l’or.
Parlons maintenant des formas de la bonite.
La tête, ayant un peu celle d’un cône , est d’ailleurs lisse , et dénuée d’écailles proprement dites. Un simple rang de dents Irès-peliles garnit la mâchoire supérieure , qui n’est point extensible, et l’inférieure, qui est plus avancée que celle d’en haut. L’ouverture de la bouclie a la grandeur nécessaire pour que la bonite puisse av aler facilement un exocet.
La langue est petite, étroite, courte, maigre, demi-cartilagineuse , relevée dans ses bords; la voûte du palais très-lisse ; l’orifice de chaque narine voisin de .l’œil , unique et fait en forme de ligne longue très-étroite et verticale; Fœii trés-graad, ovale , peu convexe , sans voile ; l’oper- cule branchial composé de deux lames arrondies par derrière, dénuées de petites écailles , et dont la postérieure embrasse celle de devant.
LE SCOMBRE BOiMTE,
Des dents arrangées comme celles d’un peigne garnissent l’intérieur des arcs osseux qui soutiennent les branchies; elles sont très-longues dans les arcs antérieurs.
Les écailles qui recouvrent le corps et la queue sont petites, presque pentagones , et fortement attachées les unes au-dessus des autres
Chacune des nageoires pectorales, dont la longueur esta peine égale à la moitié de l’espace compris entre la base et l’ouverture de l’anus , peut être reçue dans une cavité gravée , pour ainsi dire , sur la poitrine de l’animal, et dont la forme ainsi que la grandeur sont scnihlahles à celles de la nageoire.
On voit une fossette analogue propre à recevoir chacune des thoracines, au-dessous desquelles on peut reconnoître l’existence d’un cartilage caché par la peau. La nageoire de l’anus est la plus petite de toutes. La première du dos, faite en forme de faux, et composée uniquement de rayons non articulés , peut être couchée à la volonté de la bonite, et, pour ainsi dire, entièrement cachée dans un sillon longitudinal ; la seconde dorsale, placée presque au-dessus de celle de l’anus, est à peine plus avancée et plus grande que cette dernière. La nageoire de la queue paroît trésforte, et représente un croissant dont les deux cornes sont égales et trés-écartées.
Entre celte nageoire et la seconde du dos, on voit huit petites nageoires; on n’en trouve que sept au-dessous de la queue : mais il faut observer que , dans quelques individus, le dernier lobe de la seconde dorsale , et celui de la nageoire de l’anus , ont pu être conformés de manière à ressembler beaucoup à une petite nageoire ; et voilà pourquoi on a cru devoir compter neuf petites nageoires au-dessus et huit audessous de la queue de la bonite.
Les deux côtés de celle même queue présentent un appendice cartilagineux, un peu diaphane , élevé en carène , et suivi de (ieux stries longitudinales qui tendent à se rapprocher vers la nageoire caudale.
7 rayons à la membrane branchiale.
du rayons non articulés à la première nageoire du dos.
d2 rayons à la seconde dorsale.
4 ou 2 aiguillons et 2G ou 27 ray ons articulés à cbaciinc dos pectorales.
4 aigxiUlon et 5 ray ons articulés U chacune des tlioracincs.
52 rayons à celle de l’anus.
de ia queue.
La ligne latérale, à peine sensible dans son origine , fléchie ensuite plus d’une fois, devient droite, et s’avance vers l’exlrémilé de la queue.
La bonite a presque toujours plus de six décimètres de longueur : elle se nourrit quelquefois de plantes marines et d’animaux à coquille, donlCommerson a trou\é des fragmens dans l’intérieur de plusieurs individus de celte espèce qu’il a disséqués; le plus souvent néanmoins, elle préfère des exocets ou des triures. On la rencontre dans le grand Océan , aussi bien que dan> l’Océan atlantique ; mais on ne la voit communément que dans les environs de la zone torride : elle y est la victime de plusieurs grands animaux marins; elle y périt aussi très-fréquemment dans les rets des navigateurs, qui trouvent le goût de sa chair d’autant plus agréable , que, lorsqu’ils prennent ce scombre, ils ont été communément privés depuis plusieurs jours de nourriture fraîche ; et , poisson misérable j pour employer l’expression de Commerson, elle porte dans ses entrailles des ennemis trèsnombreux ; ses intestins sont remplis de petits fœum et d’ascarides; jusque sous sa plèvre et sous son péritoine, sont logés des vers cncurbilains très-blancs, très-petits et trés-mous; et son estomac renferme d’autres animaux sans vertèbres, que Coinmerson a cru devoir comprendre dans le genre des sangsues.
Avant de terminer cet article, nous croyons utile de bien faire connoîlre quelques-unes des principales différences qui séparent la bonite du thazard, avec lequel on pourroit la confondre. Premièrement , la bonite a sur le ventre des raies noirâtres et longitudinales qui manquent sur le thazard. Deuxièmement, son corps est plus épais et moins arrondi. Troisièmement, elle n’a pas, comme le tliazard, une tache bleue sons chaque œil. Qualriémemenl , elle est couverte, sur tout le corps et la queue, d’écailles placées les unes au-dessus des autres : le thazard n’en montre d’analogues que sur le dos et quelques autres parties de sa surface. Cinquièmement, sa membrane branchiale est soutenue par sept rayons; colle du thazard n’en comprend que six. Sixièmement, le nombre des rayons est différent dans les pectorales ainsi que dans la première dorsale de la bonite, et dans les pectorales ainsi que la première dorsale du thazard. Seplièmemeut , le carîilagesilué au-dessous deslhoracines est caché par la peau daas le titazarcl; il est à
LE SCOMBRE BONITE. ââs
découvert dans îa bonite. Huitièmement, la queue est plus profondément échancrée dans la bonite que dans le lhazard. Neuvièmement, la ligne latérale diffère dans ces deux scombres, et ])arlelieudeson origine, et par ses sinuosités. Dixiémement, enfin, la couleur de la chair du lhazard est jaunâtre.
Que l’on considère avec Gommerson qu’aucun de ces caractères ne dépend de râge ni du sexe , et l’on sera convaincu^avec ce naturaliste que la bonite est une esj)éce de scombre très-diflerente de celle du thazard décrite pour la première fois par ce savant voyageur.
LE SCOMBRE ALATÜNGA.
Ce scombre, dont les naturalistes doivent la première description au savant Celli, auteur de V Histoire des poissons et des amphibies de la Sardaigne, vit dans la Méditerranée comme le thon. On l’y voit, de même que ce dernier poisson, paroître régulièrement à certaines époques : et celte espèce se montre également en troupes nombreuses et bruyantes. Sa chair est blanche et agréable au goût. L’alatunga a d’ailleurs beaucoup de rapport dans sa conformation avec le thon; mais il ne parvient ordinairement qu’au poids de sept ou huit kilogrammes. Il n’a que sept petites nageoires au-dessus et au-dessous de la queue; et ses nageoires pectorales sont si allongées qu’elles atteignent jusqu’à la seconde nageoire dorsale. Au reste, il est aisé de voir que presque tous ses traits, et particulièrement le clernier, le séparent de la bonite et du lhazard, aussi-bien, que du thon, et la longueur de ses pectorales ne peut le faire confondre, dans aucune circonstance, avec le germon , puisque le germon a huit ou neuf petites nageoires au-dessus ainsi qu’audessous de la queue , pendant que l’alatungan’en a que sept au-dessous et au-dessus de cette même partie. Il est figuré , dans les peintures sur vélin que l’on possède au Muséum national d’histoire naturelle , et qui ont été faites d’après les dessins de Plumier, sous le nom de ilioii de l'Océan (thynnus océaniens) , vulgairement germon.
Sa mâchoire inférieure est plus avancée que la supérieure , et sa ligne latérale tortueuse.