‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 259 sur 731 · LE SC OMBRE · texte numérisé non relu

LE SC OMBRE

l’intelligence , et l’intelligence animée par la sensibilité , n’avoient pas, par un heureux accord, fait naître la société, la civilisation , la science ^ la vertu ! et combien ils pèseront encore sur sa tête infortunée , jusqu’au moment où la lumière du génie, plus généralement répandue, éclairera un plus grand nombre d’hommes sur leurs véritables intérêts, et dissipera les illusions de leurs passions aveugles et funestes!

C’est au maquereau que nous croyons devoir rapport('r le scombre qu’Aristote, Athénée , Aldrovande , (Jcsner et Willughby , ont désigné par le nom de colias , que l’on pêche prés des côtes de la Sardaigne , qui est souvent plus petit que le maquereau , qui en dilTére quelquefois par les nuances qu’il offre, puisque, suivant le naturaliste Cetli , il présente un vert gai mêlé à de l’a/ur , mais qui d’ailleurs a les plus grands rapports avec le poisson que nous venons de décrire. Le professeur Gmelin lui-même , en l’inscrivant à la suite du maquereau , demande s’il ne faut pas le considérer comme ce dernier scombre encore jeune.

Au reste , quelques auteurs, et particulièrement Rondelet , ont appliqué cette dénomination de colias à d’autres scombres que l’on nomme coguoils auprès de Marseille, qui habitent dans la Méditerranée, ui s’y plaisent surtout dans le voisinage es côtes d’Espagne , qui sont plus grands et plus épais que le maquereau ordinaire, et que néanmoins Rondelet regarde comme n’étant qu’une variété de ce dernier poisson, avec lequel on le confond en effet trèssouvent.

Peut-être est - ce plutôt aux coguoils qu’aux maquereaux verts et bleus de Celti qu’il faut rapporter les passages des anciens naturalistes , et principalement celui d’ Athénée que nous venons de citer.

Quoi qu’il en soit , les coguoils ont la chair plus gluante et moins agréable que le maquereau ordinaiie. Ils sont couverts d’écaillcs petites et tendres: une partie de leur tête est si transparente, qu’on distingue, comme au travers d’un verre, les nerfs qui, du cerveau, aboutissent aux deux organes de la vue. Rondelet ajoute que, vers le printemps, ils jettent du sang aussi resplendissant que la liqueur de la pourpre.

Ce fait nous rappelle un phénomène analogue , qui nous a été attesté par un voyageur digne d’estime , et sur lequel nous croyons utile d’appeler l’attention des observateurs.

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