‹ Œuvres du comte de LacépèdeChapitre 489 sur 731 · A DEMI ROUGE, LE LABRE TÉ- | TRACANTHE , LE LABRE DEMI · texte numérisé non relu

A DEMI ROUGE, LE LABRE TÉ- | TRACANTHE , LE LABRE DEMI

DISQUE, LE LABRE CERCLÉ ET LÉ LABRE HÉRISSÉ. j

Le fauve, qui parvient communément à la longueur de trois ou quatre décimètres, , ! est, sur toute sa surface, d’un roux plus i ou moins mêlé de jaune ou d’orangé. Le l ceylan , dont Iss dimensions sont ordinai-

LE LAGRE FAUVE.

rement plus grandes que celles du fauve , a la tête bleue , la dorsale et l’anale violettes et bordées de vert, et la caudale jaune , rayée de rouge , et bleue à la base. La partie supérieure du labre deux-bandes est grise ; sa tête violette; sa poitrine blanche ; sa dorsale rougeâtre et bordée de bleu, ainsi que son anale ; chacune de ses pectorales jaune , de même que les thoracines ; et la caudale brune avec une grande tache bleue. Les écailles qui recouvrent le mélagaslre sont variées de brun et de noir, excepté celles qui revêtent le ventre, et ,qui sont noires comme les pageoires. La couleur générale du inalaptére est d’un blanc bleuâtre , avec cinq taches noirâtres de chaque côté, et les nageoires nuancées de jaune et de bleu. Quatre rangées de taches presque rondes , à peu près égales, et três-rapprochées l’une de l’autre , paroissent sur chaque côté du tétracanthe , qui d’ailleurs a des points noirs répandus sur sa caudale. Le hérissé montre sur sa queue une large bande transversale.

Voilà ce que nous devions ajouter au tableau générique , pour bien faire connoître les couleurs des dix labres que nous considérons maintenant.

Les trois derniers de ces labres , c’està-dire , le hérissé , le cercle et le demi-disque , dont nous avons fait graver la figure d’après les dessins de Commerson , et dont la description n’avoit pas encore été publiée , habitent dans le grand golfe de rinde ou dans les mers qui communiquent avec ce golfe. Nous ignorons la patrie du tétracanthe , que nous avons fait dessiner d’après un individu conservé dans de l’alcool , et qui faisoit partie de la collection cédée par la Hollande à la France. Le demi-rouge , dont nous avons trouvé une description étendue dans les manuscrits de Commerson, fut vu parce voyageur, en juin 1767 , dans le marché au poisson de la capitale du Brésil. Surinam est la patrie du mélagasire; la Caroline, et en général l’-Amérique septentrionale, celle du fauve; Ceylan , celle du labre qui porte le nom de cette grande île , et que l’on dit bon à manger; les eaux des Grandes-Indes nourrissent le labre deux-bandes, et celles du Japon le malaptère L

1, 17 rayons à chaque nageoire pectorale du labre fauve.

6 rayons à chacune des ihoracinesa 16 rayons à la caudale.

5 rayons h la membrane branchiale da jaljre deux-bandes*

gsi

Finissons cet article en parlant de quelques traits de la conformation de ces animaux, que nous n’avons pas encore indiqués.

La mâchoire inférieure du fauve est plus longue que la supérieure ; les dents antérieures de la mâchoire d’en haut sont plus longues que les autres , dans ce même poisson, -dans le deux -bandes, dans le malaptère ; les dents des deux mâchoires sont presques égales les unes aux autres en lortgueur et en grosseur, dans le mélagastre , dans le demi-disque, dans le cerclé. La ligne latérale du mélagastre est interrompue ; celle du tétracanthe est peu sensible ; celle du cerclé très-droite pendant la plus grande partie de sa longueur ; et la base de la nageoire de l’anus du labre à demi rouge est revêtue d’écailles, comme une partie de la base de la nageoire du dos de ce même poisson *.

12 rayons h chaque nageoire pectorale.

1 rayon aiguillonné et 5 rayons articulésà chaque thoracine.

13 rayons à la caudale,

6 rayons h la membrane branchiale du mélagastre.

12 rayons à chaque nageoire pectorale,

1 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine.

3 rayons aiguillonnés et 7 rayons articulés à l’anale.

19 rayons à la caudale,

12 rayons à chaque nageoire pectorale du

maîaptère.

6 rayons à chaque thoracine.

16 rayons à la caudale.

5 rayons à la membrane branchiale du labre à demi rouge.

16 rayons à chaque nageoire pectorale.

1 rayon aiguillonné et 5 rayons articules à chaque thoracine.

3 rayons aiguillonnés et 13 rayons arti-

culés à l’anale.

14 rayons à la caudale.

18 rayons articulés à la nageoire de l’anus du tétracanthe.

14 rayons k la nageoire de Fanus du demidisque.

13 rayons à la caudale.

14 rayons h la nageoire de l’anus du cerclé»

11 rayons à la caudale.

4 rayons aiguillonnés et 9 rayons articulés

à la nageoire de l’anus du hérissé.

13 rayons k la caudale.

1 . Cçmmcrson , dans la description manuscrite et latine que nous avons sous les yeux, dit

Que la Nature est belle ! que son spectacle est magnifique! que sa puissance est admirable ! Dans sa fécondité sans bornes , elle a semé les mondes dans l’espace *. Dans sa simplicité sublime, elle ne leur a imposé qu’une loi

Les rapports , et par conséquent les destinées de tout ce qui existe, découlent de celte force unique et irrésistible que le temps ne peut altérer, et qui, décroissant par la distance , mais s’accroissant avec les masses, en pénètre toutes les profondeurs, en régit tous les élémens. Les corps immenses et innombrables qui circulent dans les deux, les matières brutes qui composent la planète que nous habitons, les fluides qui l’arrosent, réchauffent, l’environnent ou l’éclaireni, les substances organisées qui la revêtent, les êtres vivans et sensibles qui la peuplent, ne montrent aucune forme , aucune qualité , aucune modification , aucun attribut, aucun mouvement, qui ne dérive de ce grand acte du pouvoir souverain et créateur.

L’étude de la Nature n’est que l’étude des lois secondaires qui émanent de la grande loi fondamentale.

Les animaux , par leurs organes , par leurs sens , par leur mobilité , par leurs affections, par la succession de leurs déve-

que l’opercTile du demi - rouge est composé de deux pièces , et que le bord de la pièce antérieure est très-légèrement dentelé. Les différentes comparaisons que nous avons été à même de faire des expressions employées par ce voyageur dans son manuscrit latin , avec les dessins exécutés sous sa direction, ou avec des individus des espèces qu’il avoit décrites , nous ont portés à croire que ce naturaalisle n’ avoit pas voulu indiquer autour de la lame antérieure de l’opercule du demi-rouge , une dentelure proprement dite et telle que celle qui caractérise le genre de nos luljans. Si cependant des observations ultérieures faiboient reconnoître dans ce poisson mi-parti de rouge et de jaune une véritable dentelure operculaire , il scroit facile de le retrancher du genre de nos labres , et de le transporter dans celui des luljans, dont nous nous occuperons bientôt,

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