On trouve souvent à la nageoire du dos 1^1 rayons
aux pectorales 21
à celle de l’anus 17
à celle de la queue. . . . ,10
LE DIODON TACHETÉ.
CosiMERSON a laissé dans ses manuscrits la description de cette espèce de cartilagineux, au sujet de laquelle aucun naturaliste n’a encore rien publié, que Pon a trouvée "auprès des côtes de la Nouvelle- Cythère, et à laquelle les navigateurs qui , Pont vue ont donné le nom de crapaud marin de hérisson de mer, A mesure | qu’on s’éloigne de Patinga , en continuant cependant d’observer les diodons dans l’ordre suivant lequel nous les avons placés , on voit l’allongement du corps diminuer dans les espèces que Pon examine , et la sphéricité presque parfaite succéder enfin à une très-grande différence entre la longueur et les autres dimensions de l’animal. Les holocanthes sont , en effet , moins allongés en général que le tacheté; le tacheté paroît Pêtre moins que Pholocanthe ; des variétés de l’orbe se rapprochent encore davantage de la forme globuleuse, que Pon retrouve presque dans toute son intégrité lorsqu’on a sous les j'cux d’autres individus de cette dernière espèce.
Indépendamment de sa forme moins allongée , le tacheté est séparé de Patinga et de Pholocanthe par la disposition de ses ^ couleurs. Il est brun par-dessus, et blanchâtre par-dessous ; il présente sur sa nuque une très-grande tache en forme de croissant nn peu festonnée, et dont les ,1 pointes sont tournées vers les yeux. On en J voit de chaque côté du corps une autre un 1 peu ovale , située au-dessus de la nageoire pectorale, et deux autres transversales, dont la première est au-dessous de l’œil, et I la seconde entre l’œil et la nageoire pec- ' torale ; le dessous du museau est comme entouré d’une tache nuageuse ; et enfin on en trouve une presque ronde au-dessus diî dos, autour de la nageoire dorsale. Au reste , ces différentes taches sont d’un noir plus ou moins foncé.
Toutes lesnageoires sontd’un jaune verdâtre. Les piquans sont blancs, et montrent leurs pointes au-dessus de gaines | très-brunes.
Ces mêmes aiguillons , mobiles à la vo- ;; lonté de l’animal , ainsi que ceux de près- ? que tous les autres diodons, sont très-longs sur le dos, mais deux ou trois fois plus courts sur le ventre.
Les narines, situées entre les yeux et l’extrémité du museau, ont les bords de-
LE DIODON
leurs ouvertures relevés de manière à représenter une verrue.
Les yeux sont voilés par une continuation transparente du tégument le plus extérieur de l’animal ; cependant ils sont ^^ os et très-saillans.
L’ouverture branchiale a la forme d’un segment de cercle, et est placée verticalement.
On ne compte de chaque côté que trois branchies.
La nageoire de la queue est arrondie ; ce qui rapproche un peu le tacheté de l’atinga, mais l’éloigne de l’holocanthe L
Lt: DIODON ORBE.
Ce nom d’orôc désigne la forme presque entièrement sphérique que présente ce cartilagineux. 11 ressemble d’autant plus à une boule , surtout lorsqu’il s’est tuméfié , que ses nageoires sont très-courtes, et que son museau étant très-peu avancé, aucune grande proéminence n’altére la rondeur de son ensemble. Les piquans dont sa surface est hérissée sont très-forts ; mais ils sont plus courts et plus clair-semés à proportion du volume du poisson, que ceux de l’atinga, de riiolocanthe , et du tacheté. Ils paroissent d’ailleurs retenus sous la peau par des racines à trois pointes, plus étendues et plus dures; ils ressemblent davantage à un cône , ou plutôt à une sorte de pyramide triangulaire, dont les faces seroient plus ou moins marquées; ils peuvent faire des blessures plus larges ; ils sont moins fragiles ; ils donnent à l’animal des moyens de défense plus capables de résister à une longue attaque ; et voilà pourquoi l’orbe a été nommé par excellence, et au milieu des autres diodons, le poisson armé. C’est sous ce nom que sa dépouille a été conservée pendant si long-temps, suspendue à la voûte de presque tous les muséum d’histoire naturelle , et même dans un grand nombre de cabinets de physique, de laboratoires de pharmacie, et de maeasins de drogues étiangéres.
Commerson, qui a vu ce poisson en vie dans la mer voisine de Rio-.lanciro, a Irésbicn décrit les couleurs de cet animal ; et c’est d’après lui que nous allons les faire