‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 112 sur 123 · I I ■■ ..11, . ■ - - ■ - . . J - I I II · texte numérisé non relu

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(i) M. de Vaux.

ce qui vous touche ; je prends la liberté de vous ennuyer de tout mon cœur. Vous avez fait vraiment une œuvre pie , de continuer les aventures de Jeanne, et je serais charmé de voir un si saint ouvrage de votre façon. Pour moi qui suis dans un état à ne plus toucher aux pucelles, je serai enchanté qu'un homme aussi fait pour elles que vous Têtes, daigne faire ce que je ne peux plus tenter.

Tâchez de me faire tenir, comme vous pourrez, cette honnête besogne, qui adoucira ma cacochyme vieillesse. Je n'ai point eu la force d'aller à Plombières; cela n'est bon que pour les gens qui se portent bien, ou pour les demimalades.

' J'ai actuellement chez moi M. d'Alerabert, votre ami, et très digne de l'être. Je voudrais bien que vous fissiez quelque jour le même honneur à mes petites Délices; vous êtes assez philosophe pour ne pas dédaigner mon hermitage.

Je vous crois plus que janiais sur les Anglais; mais je ne puis comprendre comment ces dogueslà , qui , dites - vous , se battirent si mal à Dettingue, vinrent pourtant à bout de vous battre. Il est vrai que depuis ce temps-là vous le leur avez bien rendu. Il faut que chacun ait son tour en ce monde.

Pour l'académie francoise ou française, et les autres académies, je ne sais quand ce sera leur tour. Vous ferez toujours bien de l'honneur à

celles dont vous serez. Quelle est la société qui ne cherchera pas à posséder celui qui fait le charme de la société? Dieu donne k)ngue vie au roi de Pologne ! Dieu vous le conserve ce bon prince, qui passe sa journée à faire du bien, et qui, dieu merci, n'a que cela à faire! Je vous supplie de me mettre à ses pieds. Je veux faire un petit bâtiment chinois à son honneur dans mon petit jardin ; je ferai un bois, un petit kiosque, grand comme la main , et je le lui dédierai.

' Mademoiselle Clairon est à Lyon ; elle joue comme un ange des Idamés, des Méropes, des Zaîres, des Alzires. Cependant je ne vais point la voir. Si je faisais des voyages , ce serait pour vous , pour avoir encore la consolation de rendre meâ respects à madame de Boufflers, et à ceux qui daignent se souvenir de moi. Vous jugez bien que si je renonce à la Lorraine, je renonce aussi à Paris où je pourrais aller comme à Genève,, mais qui n'est pas fait pour un vieux malade , planteur de choux. Comptez toujours sur les regrets et sur le très tendre attachement de V....

A Lausanne, 12 février 1758.

J'ai pris l'énorme liberté , monsieur , de vous envoyer une bibliothèque complète de fatras im-

primés à Genève chez les frères Crammer. Je vous en demande bien pardon; j'aimerais mieux un quart-d'heure de votre conversation que les dix-sept volumes, qu'on doit avoir en l'honneur de vous adresser de ma part.

J'ai reçu . une lettre assez singulière, et des vers plus étranges, d'un séminariste de Toul nommé M. Légier; il se renomme de vous. Je n'ai pu lui faire réponse , parce que je suis très malade. C'est tout ce que je peux faire de vous écrire ces quatre lignes. Voici la copie de ce qu'on lui répond pour moi. Je vous présente mon respect et mon regret de mourir sans vous voir. V....

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