TROISIÈME PARTIE
Le neveu du grand Corneille pouvait-il rester le spectateur tranquille de sa gloire ? Il le voyait inébranlable sur le sommet du Parnasse français; la critique la mieux écrite et quelquefois sévère n'avait pu flétrir les lauriers dont Chimène et le Cid avaient couronné sa tête.
La facilité qu'avait M. de Fontenelle pour se saisir de tous les genres, l'émulation que plusieurs succès excitaient en lui, le portèrent à essayer ses forces dans le genre dramatique : bientôt son esprit juste et son ame pleine de candeur le firent se juger lui-même avec rigueur : il connut que de vains efforts ne pourraient l'élever jusqu'à Pierre Cîorneille; la place que Thomas occupait lui parut être au-dessous de ses espérances : il renonça courageusement au grand art dramatique. TibuUe, Ovide, Horace, devinrent ses modèles dans plusieurs pièces pleines d'agréments et d'esprit : Virgile, Mopsus et Bion firent naître en