‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 19 sur 123 · FABLE · texte numérisé non relu

FABLE

Certain renard, fripon des plus hardis, Qui, dès sa première jeunesse.

Par maint et maint tour de souplesse, S*était rendu TefiEroi de son pays , Voulut enfin devenir honnête homme :

Ne plus tromper.... Ami, ditril un jour Au chien d'un troupeau d'alentour; Je veux bien quon m'assomme

^10, iPlTRES.

Si désormais dans ce hameau Je donne aucun sujet de plainte ; Las d'inspirer toujours la crainte.

Je serai plus doux qu'un agneau ; Et, pour marque de ma franchise.

Je yeux bien t avouer mes tours.

Par un gros chat une poule était prise;

n la tenait entre ses dents.... j'y cours, Je lui fais lâcher prise ; Mais, hélas! dans son défenseur, La poule encor toute surprise

En moi retrouve un second ravisseur.

Une doyenne du village, Poule, mère de cent enfants, Qui, des droits du bel âge Usurpant le charmant usage ,.

Des coqs les plus pressants Cherchait encor le badinage, Faute de mieux, un beau jour me tenta; Je balançais, mais la faim iWpom.

Une poulette au noir plumage.

Qui toujours chantait, agaçait Tous les coqs de son voisinage, Et de l'un à l'autre passait, Me séduit ; je lui tends un piège ; Elle m'échappe, et folâtre soudain :

Mais je fais tant par mon manège, Qu'elle s'y prend le lendemain.

ÉPITRES. 2l3

De tous mes tours voici le pire ; Des autres je ne fais que rire :

Aux bords fleuris d un tranquille ruisseau , Une innocente tourterelle S'occupait de son tourtereau, Ses amours.... Je m'approche d'elle.

Peu méfiante d'un danger Qu'elle ne devait pas attendre , Ami, je te laisse à juger S'il fut aisé de la surprendre.

Mais c'en est fait , le reste de mes jours La bonne foi sera mon apanage; De mes ruses et de mes tours Je déteste à présent l'usage.

Quel changement! lui dit le chien; Je l'admire , mais je crains bien Que toutes ces belles paroles, A la première occasion, Ne deviennent bientôt frivoles.

Le chien avait grande raison ; Une perdrix vint à paraître ; La nouveauté tenta notre égrillard :

Son naturel étant toujours le maître ^ Il court, et sans avoir égard A toutes ses Belles promesses, Se signalant par nouvelles prouesses , Il se montra toujours renard.

Reconnais, ami, sous ces traits, De tes amours la fidèle peinture ;

Pourquoi contraindre la nature?

Soyons toujours ce qu'elle nous a faits.

ai4 iPiTREs.

RÉPONSE

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