‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 24 sur 123 · A M. DE · texte numérisé non relu

A M. DE

L'amitié, la galanterie.

Dictent les vers que je reçois ; Eh! comment n'auriez- vous parfois Quelque peu de coquetterie ?

C'est aux grâces à nous tracer Les aimables leçons de plaire;

ai8 lèPITRES.

Et quand vous daignez m agacer^ Je reconnais leur main délicate et légère, Qui sait instruire et caresser.

Je crois tout ce que je désire; Votre lettre adoucit mon état malheureux;

Mais, hélas !.i. que tous puis*^je écrire Quun lai plaintif et douloureux, Tel que, dans une longue absence, Gombaut Veut écrit à Macé, Sans choix, sans rimes, sans cadence, Et par les pleurs presque effacé ?

De leur siècle plein d'innocence G***** eut la simplicité, Les grâces , lamour, la décence; ' Moi , j'en eus la fidéhté !

Tout est perdu pour moi, délire, volupté ; Sans désirs et sans espérance, Je languis dans ma liberté.

Hélas I quand les beaux jours de la saison nouvelle

Nous rappelaient tous deux aux champs, L'Amour s'applaudissait de revoir deux amants, Qui dans les doux transports d'une ardeur mutuelle

Comptaient déjà douze printemps.

Ami, l'affreuse mort, en me séparant d'elle. Aux glaces de l'hiver, à la plainte éternelle, A condamné le reste de mes ans :

Pour m'arracher à ma douleur mortelle, L'Amour n'a plus que des traits impuissants ; Le désespoir éteignit tous mes sens.

A l'amitié je consacre ma vie.

Elle permet de pleurer son amour; C'est pour chanter cfelle qui m'est ravie ,

, ÉPITRES. a!l(

Et mériter quelque tendre retour De vous , de ces amis que respecte Fenvie,

Et que Yillars enchaîne dans sa cour , Que je jouis encor de la clarté du jour,

Page 1