‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 25 sur 123 · A M. L'ÉVÊQUE DE VERDUN DROMENIL · texte numérisé non relu

A M. L'ÉVÊQUE DE VERDUN DROMENIL

liCttre écrite de GenEs , en commim avec la marquise de GenUn ,

sa nièce.

Vous qui reçûtes en partage

Le vrai sublime, et Tayantage

D'orner de grâces la raison

Qui chez vous n a rien de sauvage ;

Vous qui joignez à sa leçon

Propos badin , gentil jargon ,

Et qui du riant badinage

Êtes fait pour donner le ton ,

De notre chétif radotage

Vous allez vous moquer je gage ;

Mais , s'il vous amuse , il est bon ,

Et qui. sait plaire est assez sage.

Je vous écris donc de Genlis ; Mais ne suis que le secrétaire D'une nymphe à taille légère, Aux yeux briUants , au doux souris , Qui des beaux enfants de Cythère

i3o ÉPITRES.

Ne veut connaître que les ris , Et qui , ma foi , n*ainie à rien faire Que badiner et savoir plaire.

Tantôt par son gentil caquet Elle agace son perroquet ; Tantôt, avec délicatesse, Sans langueur, sans emportement, Elle décide sûrement , Selon les lois que la ssigesse Prescrit à chaque sentiment.

Pour TOUS son tendre attachement

Eût été jusqu'à la folie ,

N'est que d'un doux égarement

La bergère la plus jolie

Ne ybus tenterait un moment ;

Êtes insensible: et comment

L'amour n'eût-il jamais l'adresse

De vous inspirer la tendresse ,

Vous le père de l'agrément

Et l'oracle du sentiment?

Qui serait tant soit peu méchant Dirait.... Hélas! c'est par faiblesse; Que sait-on quel est son penchant?

Mais nous vous admirons sans cesse , Et d'un exemple si touchant Faisons honneur à la sagesse :

Malheureux de ne plus vous voir , Du moins que nous puissions savoir Comment va la santé débile, Si long-temps soumise au pouvoir

EPITRES. a3l

Du charlatan qui dans la ville La bouillottait matin et soir?

Dans votre aquatique manoir, Ne faites-vous jamais du noir ?

De mainte douloureuse enflure , Hélas ! . . . injustement porteur , Nous savons que votre grandeur, Au-dessus des maux qu elle endure , Des sens frappés par la douleur Etouffe le secret murmure ; Qu'en vous lame soustrait le cœur Aux misères de la nature.

Chassant l'importune vapeur , Ecrivez-nous donc , monseigneur ; C'est Dromenil qui vous en prie ; Dromenil , qui ressent pour vous Ce que la vive sympathie Inspira jamais de plus doux.

Or, depuis trois jours, entre nous, Son perroquet a du dessous :

Rimer est sa seule manie; Et les amours sont bien jaloux Que, dans tout le cours de la vie, Ce soit sa première folie.

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