‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 26 sur 123 · AU DUC DE LA VAUGUYON · texte numérisé non relu

AU DUC DE LA VAUGUYON

GOUVERNEUR DES ENFANTS DE WfkklXC¥.,

Dans ces lieux, où mon cœur charmé, Auprès de celle qui m*est chère , Pouvait, seulement occupé De Taimable soin de lui plaire , Abandonner toute la terre, De votre absence il est frappé.

Par la plus douce sympathie Unis dès nos plus jeunes ans , Nous avons senti , quoique enfants , Les charmes du nœud qui nous lie; Cher ami.... même en folâtrant Entre les bras de la folie, La raison trouva des moments Pour nous donner ces sentiments , Qui font le bonheur de ma vie.

Que ne devez-vous pas aux dieux!

Prenant soin de votre jeunesse, Ils vous ont donné la sagesse Telle qu elle descend des cieux :

En vous, cette sagesse aimable Se couronne toujours de fleurs; Elle n*offre point à nos cœurs

ÉPITBES.

Une chaîne qui les accable ;

Et par un sentier agréable

Elle mène à la vérité

Un cœur qui s'en est écarté.

Pour moi, dans la simple 4iature,

Ami, je cherche la raison:

J'y trouve une morale pure

Qui ne me donne pour leçon

Que de joindre aux goûts d'Epicure

Toutes les vertus de Zenon.

Pour mes amis , fidèle et tendre , Mon cœur n'eut jamais de détour :

Tout ce qu'il a droit d'en attendre, Tout ce qu'il leur doit à son tour, Que vous savez bien me l'apprendre!...

Fuirais-je l'amour ? eh pourquoi !

Digne de verser en mon ame Les transports d'une vive flamme , Ma Thémire a toute ma foi»

Oui , mon cœur s'applaudit sans cesse D'avoir fait un si digne choix :

Confiance, estime, tendresse.

De nos cœurs sont les seules lois , Et je trouve en elle à-la-fois Et mon amie et ma maîtresse.

Hélas! que ne puis*je sans cesse, Avec vous , avec les amours , Passer ce que de la jeunesse Je puis espérer de beaux jours !

Là , mon cœur , par votre secours ,

Ne sentirait point de faiblesse, Quand la languissante vieillesse Viendrait précipiter leur cours.

y^/%/*i'm/*/KV^*/vi

Page 1