‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 28 sur 123 · A MILORD STAFFORD · texte numérisé non relu

A MILORD STAFFORD

De la manie abdéritaine

Vous me tiendrez bien convaincu ,

Lorsqu'en riant vous aurez vu

Ce radotage que , sans peine ,

A produit ma facile veine;

Digne de l'abbé mal vêtu (i) ,

Qui jadis , sur Tair ridondaine ,

Chantait , vers la Samaritaine ,

Marie et le petit Jésus ,

Qu'il connaît de nom , tout au plus.

Je suis au Ut et vous à table ;

Je jure un peu , quand vous riez ;

(i) Labbë Pellegrm.

Je cède à lennui qui iii*accable; Et vous dans un punch agréable Tranquillement vous vous noyez; Et de bons propos égayez La liberté qui tient la table Du milord que vous adorez.

Peut-être quelque élève heureuse Ou de Florence (i) ou de Paris , Jeune, folle ou capricieuse, Ou qui mieux est.... encor honteuse, Viendra, conduite par les ris.

Trouver votre troupe joyeuse.

D*Éxiles(â) je vois le baron , Qui la prend au moins pour Astrée.

Bernard plus délicat dit: Non, Je la reconnais à son ton Pour une nymphe de Caprée.

Eh, morbleu! messieurs, tout est bon, Dira le milord en furie ; Eh quoi! prenez-vous ma maison Pour Sceaux ou quelque bergerie , Et mon vin pour leau du Lignon ?

A ces mots, de folles orgies Commenceront avec grand bruit.

Et dureront toute la nuit

(i) Célèbres abbcsses de ce temps.

(a) L'abbé Prévovt qui portait ce nom en Hollande,

^PITRES. ^3j

A la clarté de cent bougies.

En interrompant le festin, L' Amsas anime cette fête ; Bacchus lui couronne la tête De fleurs qu'il arrose de vin.

Cédant au transport qui l'inspire, Tour-à-tour , fêtés , agacés , Je vois, dans un double délire^ Filles et flacons renversés, Et TAmour en mourir de rire , Disant de Bernard en danger D'oublier Claudine et Tbémiré...* Aux tendres accords de sa lyre , Je le prenais pour un berger, Comment, diable! c'est im satyre!

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