A MILORD STAFFORD
De la manie abdéritaine
Vous me tiendrez bien convaincu ,
Lorsqu'en riant vous aurez vu
Ce radotage que , sans peine ,
A produit ma facile veine;
Digne de l'abbé mal vêtu (i) ,
Qui jadis , sur Tair ridondaine ,
Chantait , vers la Samaritaine ,
Marie et le petit Jésus ,
Qu'il connaît de nom , tout au plus.
Je suis au Ut et vous à table ;
Je jure un peu , quand vous riez ;
(i) Labbë Pellegrm.
Je cède à lennui qui iii*accable; Et vous dans un punch agréable Tranquillement vous vous noyez; Et de bons propos égayez La liberté qui tient la table Du milord que vous adorez.
Peut-être quelque élève heureuse Ou de Florence (i) ou de Paris , Jeune, folle ou capricieuse, Ou qui mieux est.... encor honteuse, Viendra, conduite par les ris.
Trouver votre troupe joyeuse.
D*Éxiles(â) je vois le baron , Qui la prend au moins pour Astrée.
Bernard plus délicat dit: Non, Je la reconnais à son ton Pour une nymphe de Caprée.
Eh, morbleu! messieurs, tout est bon, Dira le milord en furie ; Eh quoi! prenez-vous ma maison Pour Sceaux ou quelque bergerie , Et mon vin pour leau du Lignon ?
A ces mots, de folles orgies Commenceront avec grand bruit.
Et dureront toute la nuit
(i) Célèbres abbcsses de ce temps.
(a) L'abbé Prévovt qui portait ce nom en Hollande,
^PITRES. ^3j
A la clarté de cent bougies.
En interrompant le festin, L' Amsas anime cette fête ; Bacchus lui couronne la tête De fleurs qu'il arrose de vin.
Cédant au transport qui l'inspire, Tour-à-tour , fêtés , agacés , Je vois, dans un double délire^ Filles et flacons renversés, Et TAmour en mourir de rire , Disant de Bernard en danger D'oublier Claudine et Tbémiré...* Aux tendres accords de sa lyre , Je le prenais pour un berger, Comment, diable! c'est im satyre!