A M. DE LA PAYE
De G.,,'
D'une musette ou d'une lyre Toi qui sais tirer un beau son , Cher la Faye, qui d'Apollon Qui dans tous nos soupers t'inspire,
Reçus également en don Celui des vers , et le jargon Des dieux qui font aimer et lire^ C'est à toi que je veux écrire.
A ces transcendants beaux esprits, D'une obscure métaphysique Froids apôtres, amants transis, Et bien ignorants en physique :
A ceux qui se croient permis De beaucoup parler sans rien dirci Et de nous donner pour délire Un fatras de mots réunis , Point n'adresserai mes écrits ; Cest à toi^ qui de la nature Fus toujours un enfant gâté.
Dont la fine malignité Nous dédommage avec usure De quelques instants de bonté*
Vif ennemi de la paresse, Charme des modernes auteurs ^ Tes vers respirent les fureurs Et de l'amour et de l'ivresse.
L'ardente imagination Dans tes vers, comme dans ta vie.
Porte cette vive action Où l'on reconnaît le génie.
Viens ici joindre tes ardeurs
A celles qui charment nos cœurs ;
Viens ici trouver la jeunesse
Œuvre» dÎTerses. II. 1 6
Toujours folle et tenant sans cesse Propos gaillards ou séducteurs^ Du vin, de la glace, et des fleurs.
De ces lieux Faimable maîtresse, 6.4.. sans art et sans finesse Ënchaîiie toujours les amours Par quelque innocente caresse, Et d'une main enchanteresse Serre leur chaîne tous les jours.
Ce n'est point la langue d'Astrëe Qu'on parle en ces aimables lieux ; On j sent bien pour deux beaux yeux Ardeur encor plus épurée:
Mab le ton est moins précieux.
Nos ruisseaux, nos bois, nos prairies^ Sur le soir, se changent en jeux , Et quelquefois en harmonies Toujours brillantes de saillies ^ Mais discordantes quelque peu.
De par Momus , ou de par Dieu , Si tu peux quitter les guinguettes, Viens donc, muse des plus follettes ^ Viens ici t'unir à ilos voix^ Lorsque nous serons en goguettes , Pour chanter les douces sornettes Du dieu dont nous suivons les lois<
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